Battus philenor (Linnaeus, 1771)

Description : Porte-queue de taille moyenne (envergure : 58 à 83 mm), le B. philenor sert de modèle à plusieurs autres espèces mimes de papillons diurnes. Le dessus des ailes est noir, avec un reflet métallique vert-bleu s'étendant à toute la surface de l'aile postérieure et au bord externe de l'aile antérieure. En dessous, l'aile postérieure est ornée d'une rangée de grosses taches rondes orange brillant entourées de bleu iridescent.

Sous-espèces : Seule la sous-espèce nominale se rencontre au Canada.

Répartition géographique : Bien qu'il soit répandu et commun aux États-Unis et en Amérique centrale, le Battus philenor est rarement observé au Canada, et la plupart des mentions nous proviennent du sud de l'Ontario. Ailleurs au pays, un individu errant a été découvert en 1942 à Killarney, au Manitoba, et un autre, à Val Marie, en Saskatchewan, au-delà des limites de l'aire de l'espèce. Une mention de l'Ontario, qui se rapporte à un individu trouvé presque mort sur la rive de l'île Caribou, au milieu du lac Supérieur, présente un intérêt particulier parce qu'elle provient d'une région nordique très éloignée de l'aire habituelle du porte-queue. Dans le passé, les incursions du B. philenor au Canada étaient plus fréquentes et réunissaient un plus grand nombre d'individus.

Espèces semblables : Au Canada, quatre espèces de papillons diurnes imitent le B. philenor : la femelle du papillon du céleri (Papilio polyxenes), la forme noire (rare au Canada) de la femelle du P. glaucus, le P. troilus et le Limenitis arthemis astyanax. Parmi ces quatre mimes, c'est le P. troilus qui, avec sa rangée marginale de taches vertes ovales sur le dessus de l'aile postérieure et ses deux rangées de taches orange en dessous de l'aile postérieure, ressemble le plus à son modèle. Les femelles du P. polyxenes et du P. glaucus n'ont pas de reflets vert métallique, tandis que le L. arthemis astyanax n'a pas de queue. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille mature a le corps noir, avec des rangées de tubercules charnus noirs ou rouges. Les deux plus longs tubercules se trouvent derrière la tête. La chrysalide a une forme très anguleuse et porte des structures en forme de corne. Au Canada, la plante hôte connue est l'aristoloche à grandes feuilles (Aristolochia macrophylla). Les puissantes toxines synthétisées par cette plante sont assimilées par les chenilles et persistent jusqu'au stade adulte. Cette aristoloche est parfois utilisée comme plante d'ornement autour des maisons dans le sud-ouest de l'Ontario.

Abondance : Le B. philenor est considéré comme un migrateur rare au Canada, mais il s'y reproduit occasionnellement.

Période de vol : Les adultes de la première génération apparaissent à la fin de mai, mais ils sont très rares au Canada. La plupart des observations au Canada ont été enregistrées entre le milieu de juin et le début d'octobre et se rapportent à des individus des deuxième et troisième générations.

Comportement et habitat : Les adultes agitent constamment leurs ailes lorsqu'ils se nourrissent sur les fleurs dans les jardins et les champs dégagés.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.