Boloria arctique (Boloria chariclea) (Schneider, 1794)

Description : Cette espèce est extrêmement variable à l'échelle de son aire très étendue, mais la majorité des spécimens correspondent de façon générale aux formes de la toundra et de la taïga (forêtboréale). Le dessus des ailes est orange foncé, avec des taches, des barres et des chevrons noirs. Chez les formes associées à la taïga (sous-espèces grandis et rainieri), le dessous de l'aile postérieure est violacé ou brun-rouge, avec une bande transversale discontinue jaunâtre à rouille et une suite de taches marginales blanches coiffées de chevrons noirs et d'une rangée submarginale detaches noires. Chez les deux sous-espèces associées à la toundra (sous-espèces arctica et butleri), le dessous de l'aile postérieure est distinctement traversé d'une bande médiane blanche (parfoisargentée), mais les taches submarginales et les chevrons noirs sont réduits ou absents. Envergure : 32 à 44 mm.

Sous-espèces : La sous-espèce chariclea habite l'Ancien Monde. La sous-espèce arctica est la plus nordique, étant rencontrée dans les habitats de toundra depuis le Groenland jusqu'à Terre-Neuve, ausud, et dans toute la région arctique canadienne jusqu'au Yukon, où elle est remplacée par la sous-espèce butleri dans certaines portions du Yukon et de l'Alaska. La sous-espèce grandis vole dans lazone boréale, du Labrador jusqu'au Yukon et en Colombie-Britannique, et produit des formes intermédiaires avec la sous-espèce arctica dans la portion septentrionale de son aire. Enfin, la sous-espèce rainieri est la plus brillamment colorée et se rencontre dans le sud de la Colombie-Britannique.

Répartition géographique : Ce boloria circumpolaire se rencontre au Canada depuis le nord de l'île d'Ellesmere jusqu'à la frontière canado-américaine. Il est répandu dans toutes les provinces et tous les territoires, à l'exception de l'île-du-Prince-Édouard, du sud de l'Ontario et du Québec, de la région des Prairies et des régions côtières de la Colombie-Britannique.


Données sur les collections de spécimens

Espèces semblables : Le boloria arctique ressemble au boloria de Freya (B. freija), mais chez cedernier, la bande blanche en dessous de l'aile postérieure est plus nette et plus zigzagante. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est grise, avec des bandes noires et des épines orange. Elle senourrit sur le bistorte d'Amérique (Polygonum bistortoides), diverses espèces de saules (Salix spp.)et, peut-être, diverses espèces de violettes. Dans les régions plus froides, le cycle vital peut être étalésur deux ans (Acorn, 1993). Toutefois, dans la plupart des régions, les adultes volent tous les ans.

Abondance : Dans l'Arctique, les montagnes de l'Ouest et certaines tourbières, le Boloria chariclea est le boloria le plus commun.

Période de vol : Le boloria arctique vole de juin à août, selon la latitude et l'altitude.

Comportement et habitat : Les préférences liées à l'habitat du boloria arctique varient selon lesrégions. Dans l'ouest et le nord du Canada, il fréquente les prés frais et humides. Plus à l'est et au sud, il se rencontre dans les tourbières et les boisés boréaux.

Observations : Encore récemment, deux espèces étaient reconnues en Amérique du Nord, à savoirle Boloria titania (Esper, [1793]), espèce de la zone boréale rencontrée en Europe et en Amérique du Nord, et le Boloria chariclea, espèce circumpolaire associée à la toundra. Le B. titania est maintenant considéré comme une espèce strictement européenne, et toutes les populations nord-américaines sont aujourd'hui réunies sous B. chariclea. Certains spécialistes se demandent cependant s'il n'y apas lieu de traiter les populations de la zone boréale d'Amérique du Nord (autrefois reconnues comme B. titania mais aujourd'hui considérées comme une sous-espèce du B. chariclea) comme une espèce distincte des populations associées à la toundra. À certains endroits, notamment dans certaines régions du Yukon et de l'Alaska, la forme associée à la toundra du B. chariclea (sous-espèce butleri) vole dans les prés alpins en compagnie de la forme associée à la taïga (sous-espèce grandis), qui vit dans la forêt boréale des vallées avoisinantes, apparemment sans s'hybrider. Dans le centre de l'Alaska, la forme associée à la toundra est strictement bisannuelle, mais la forme associée à la taïgavole chaque année. Ailleurs dans le nord du Canada, toute une gamme de populations intermédiaires entre ces deux formes sont rencontrées. On peut y voir un exemple de « cercle de races », où deux sous-espèces (la sous-espèce de toundra butleri et la sous-espèce de taïga grandis) volent ensemblesans s'hybrider, mais s'hybrident couramment avec une troisième sous-espèce (arctica). Nous traitons les formes associées à la toundra et à la taïga comme des sous-espèces du B. chariclea, tout en reconnaissant qu'elles se comportent comme des espèces distinctes dans certaines régions.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.