Boloria des tourbières (Boloria eunomia) (Esper, [1800])

Description : Vus du dessus, les bolorias sont en général très semblables avec leurs ailes orange ornées de marques noires. Le Boloria eunomia se distingue principalement des espèces qui lui ressemblent par la rangée submarginale de taches argentées auréolées de noir qui orne le dessous de son aile postérieure. Envergure : 32 à 40 mm.

Sous-espèces : La sous-espèce dawsoni occupe le sud et l'est de l'aire de l'espèce au Canada (de Terre-Neuve à l'Alberta) et a le dessus des ailes plus brun que la sous-espèce triclaris, qui vole dans les régions arctiques et alpines. La sous-espèce nichollae, reconnaissable à ses ailes très foncées sur le dessus, vit à proximité des champs de glace dans les Rocheuses de l'Alberta. Les différences entre ces trois sous-espèces sont relativement ténues. En revanche, la sous-espèce denali, qui se rencontre en Alaska et dans le nord du Yukon, est nettement différente. Chez cette sous-espèce, le dessus des ailes est plus pâle, avec des marques noires réduites, tandis que le dessous est pâle, décoloré, avec des taches jaune pâle au lieu d'argentées.

Répartition géographique : Ce petit boloria a une distribution circumpolaire. Au Canada, il serencontre de Terre-Neuve au Yukon dans la zone boréale, les régions alpines et la toundra humide et, beaucoup plus au sud, dans les tourbières. Au nord, il a été observé jusqu'à Churchill au Manitoba età Aklavik dans les Territoires du Nord-Ouest. Il est absent de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'île du Prince-Édouard, des Prairies, du Grand Nord et de l'ouest de la Colombie-Britannique. Là où il est présent, il se rencontre généralement dans seulement quelques tourbières répondant à ses exigences et est souvent absent d'autres tourbières en apparence tout aussi favorables.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Chez le boloria à taches argentées (B. selene), le dessous de l'aile postérieure est orné de taches argentées et, comme chez les autres bolorias, la rangée submarginale est constituée de taches noires, non pas de cercles à centre blanc ou jaune comme chez le boloria des tourbières. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est gris argenté, avec de petits points blancs sur le dos. Les épines sont blanches ou rosées. Les plantes hôtes varient selon les régions. Les violettes et les saules sont souvent mentionnées dans la littérature, mais dans l'Ouest, la chenille se nourrit sur la renouée vivipare (Polygonum viviparum), et dans la région d'Ottawa, sur la canneberge commune (Vaccinium oxycoccos) et le petit thé (Gaultheria hispidula).

Abondance : Du fait de sa distribution extrêmement localisée, le boloria des tourbières est rarement commun au Canada. Bien que le nombre de tourbières à sphaigne soit extrêmement élevé à Terre-Neuve, sa présence n'y a été mentionnée que trois fois, ce qui donne à croire qu'il est rare dans la province ou qu'il est passé inaperçu jusqu'à maintenant.

Période de vol : Le boloria des tourbières semble avoir une période de vol très brève dans la portion la plus méridionale de son aire. Dans l'ouest du Québec, près d'Ottawa, il vole pendant environ trois semaines, vers le milieu de juin. Dans le Nord et les Rocheuses, il se rencontre du milieu de juin à août.

Comportement et habitat : Comme son nom l'indique, ce boloria est une espèce de tourbière. Toutefois, il s'aventure également dans la toundra humide et les prés alpins détrempés. Il a un vol puissant, mais il se déplace près du sol.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.