Lutin du pin gris Callophrys eryphon (Boisduval, 1852)

Description : Le Callophrys eryphon a le dessus des ailes brun chocolat uniforme chez le mâle, brun orangé chez la femelle. Il se reconnaît principalement par la rangée fortement dentelée de chevrons foncés et blanchâtres en dessous de l'aile postérieure, et la barre foncée unique dans la cellule discoïdale en dessous de l'aile antérieure. Les ailes paraissent légèrement festonnées à cause des franges, qui sont blanches et entre coupées de zones plus foncées. Envergure : 22 à 28 mm.

Sous-espèces : La sous-espèce eryphon occupe la majeure partie de l'aire de l'espèce. La sous-espèce sheltonensis, légèrement plus violacée en dessous, vole dans la région de Puget Sound, dans l'État de Washington, et pourrait se rencontrer dans certaines des îles Gulf en Colombie-Britannique.

Répartition géographique : Essentiellement une espèce de l'ouest de l'Amérique du Nord, le lutin dupin gris étend sporadiquement son aire vers l'est du Canada jusque dans le nord du Nouveau-Brunswick. Une chenille de cette espèce ou du lutin des pins (C. niphon) a été trouvée sur le sapin baumier à Terre-Neuve (Morris, 1980). Dans l'est du pays, le lutin du pin gris se rencontre vers le nord jusque dans la région du lac Saint-Jean, au Québec, et vers l'ouest, jusque dans le nord de l'Ontario (baie d'Hudson). Une mention étonnante repose sur la capture d'un individu en 1912 à Port Hope, dans le sud de l'Ontario; ce spécimen se trouve dans la Collection nationale canadienne, à Ottawa. Le lutin du pin gris est répandu du nord-ouest de l'Ontario jusqu'au Grand lac des Esclaves, dans les Territoires du Nord-Ouest, en passant par le nord du Manitoba. Il se rencontre également dans les montagnes de la Colombie-Britannique et de l'Alberta jusqu'au district de la rivière de la Paix vers le nord et dans les collines du Cyprès le long de la frontière Alberta-Saskatchewan.

Espèces semblables : Le lutin des pins (C. niphon). [images comparatives]

La description de cette image suit
Lutin du pin gris (Callophrys eryphon sheltonensis), chenille. J.B. Tatum

Stades immatures : La chenille ressemble à celle du lutin des pins (C. niphon) et se nourrit principalement des jeunes aiguilles de diverses espèces de pins durs, en particulier de pin tordu latifolié (Pinus contorta). Selon Opler et Malikul, 1992, la chenille se nourrirait également sur l'épinette noire (Picea mariana) dans certaines localités de l'est du pays. Toutefois, selon Reginald Webster (comm. pers.), le lutin dupin gris utilise les épinettes noires uniquement comme perchoirs lors qu'il s'aventure dans les tourbières à la recherche de nectar et est beaucoup plus commun dans les pinèdes blanches adjacentes.

Abondance : Le lutin du pin gris est habituellement peu commun et présente une distribution très localisée depuis le sud du Manitoba vers l'est du Canada. Il est cependant plus commun dans l'ouest du pays.

Comportement et habitat : À l'instar de son homologue dans l'est du pays, le lutin du pin gris serencontre généralement à proximité de ses plantes hôtes, souvent perché sur les aiguilles. Comme lui, il se pose sur le sol et visite les fleurs sur le bord des routes.

Observations : Ces deux lutins associés aux pins peuvent être difficiles à départager. Les deux espèces volent ensemble dans certaines régions, mais elles ne semblent pas s'hybrider, même si certains individus peuvent être difficiles à identifier.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.