Callophrys grynea (Hübner, 1819)

Description : Avec le dessous de ses ailes vert pomme, ce petit porte-queue (envergure : 20 à 25 mm) caudé est unique dans l'est du Canada. La sous-espèce de l'Ouest, légèrement plus petite, est d'un vert plus jaune. La ligne postmédiane, d'un blanc brillant, est régulière sur l'aile antérieure et irrégulière sur l'aile postérieure, et lisérée de violet du côté interne. La région basale de l'aile postérieure porte deux taches blanches chez la population de l'Est, une seule chez la population del'Ouest. Le dessus des ailes est brun foncé, avec des plages orange plus ou moins étendues.

Sous-espèces : La sous-espèce grynea se rencontre dans l'Est, tandis que la sous-espèce siva voledans l'Ouest. Il n'y a pas si longtemps encore, seule la population de l'Ouest était appelée porte-queue verdâtre, et la population de l'Est était connue sous le nom de porte-queue olive.

Répartition géographique : Bien que répandu aux états-Unis, le Callophrys grynea se rencontre seulement en quelques endroits au Canada. La sous-espèce grynea est localement commune dansl'est de l'Ontario près de Kingston. Elle était autre fois commune à la pointe Pelée et dans l'île Pelée, mais elle n'a pas été observée dans l'île Pelée depuis 1918 et est pratiquement disparue de la pointe Pelée autour de 1976. Fait intéressant, elle a fait un retour spectaculaire à la pointe Pelée en 1995 et y est redevenue commune. Au Québec, une colonie isolée, la seule connue dans la province, a été découverte à Luskville en 1990. Dans l'Ouest, la présence de la sous-espèce siva a été signalée dans les badlands de la rivière Frenchman, en Saskatchewan.

Espèces semblables : Aucune au Canada.

Stades immatures : La chenille est verte et couverte de bosses, avec des marques obliques blanchesou jaunes de chaque côté. Dans l'Est, elle se nourrit sur le genévrier de Virginie (Juniperus virginiana). La chenille de la sous-espèce siva se nourrit sur diverses espèces de genévriers, dont fort probablement le genévrier horizontal (Juniperus horizontalis) en Saskatchewan (Hooper, 1973).

Abondance : Le porte-queue verdâtre forme des colonies très localisées et est habituellement rare àl'échelle de son aire restreinte au Canada.

Période de vol : Le porte-queue verdâtre produit deux générations par année dans la majeure partie de son aire en Amérique du Nord, mais seulement une au Canada. Au pays, il vole à la fin de mai eten juin, sauf à la pointe Pelée, où il se rencontre en juillet et en août (Wormington, 1983).

Comportement et habitat : Ce petit porte-queue unique ne s'aventure jamais bien loin de sa plantehôte. Il se rencontre habituellement sur les flancs de collines secs, perché sur des genévriers de taille moyenne. Si les genévriers atteignent une trop grande taille ou si la végétation concurrente envahit son habitat, le porte-queue verdâtre peut disparaître.

Observations : La meilleure façon de découvrir ce porte-queue consiste à secouer les branches de la plante hôte sur les quelles il se perche régulièrement. Une fois effrayé, il s'envole rapidement mais revient généralement se poser à l'endroit même où il se trouvait quelques secondes plus tôt. Cette espèce se perche souvent haut dans les arbres.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.