Lutin des tourbières (Callophrys lanoraieensis) (Sheppard, 1934)

Description : Le Callophrys lanoraieensis est le plus petit (envergure : 16 à 19 mm) de nos lutins et ressemble à un tout petit lutin des pins (C. niphon). Il n'a pas de queue et est brun terne sur le dessus. Il se distingue des autres lutins par sa petite taille et ses marbrures en dessous des ailes.

Répartition géographique : Dans l'est de l'Amérique du Nord, le lutin des tourbières est l'un des papillons diurnes qui présente l'aire de répartition la plus circonscrite. Au Canada, on le retrouve dans un certain nombre de tourbières du sud du Québec, mais il est connu de seulement quatre localités en Nouvelle-Écosse de même qu'au Nouveau-Brunswick, et seulement de la tourbière Alfred et de deux autres tourbières situées près de Newington dans l'est de l'Ontario. Il se rencontre dans de nombreuses tourbières du Maine, mais il est très rare dans l'État de New York et au Massachusetts.


Données sur les collections de spécimens

Espèces semblables : Le lutin des pins (C. niphon). [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est petite, verte, avec une large bande blanche sur les côtés. Les chenilles des premiers stades minent les aiguilles d'épinette noire (Picea mariana ), la plante hôte.

La description de cette image suit
Lutin des tourbières
Callophrys lanoraieensis mâle.
Tourbière Alfred, Ont. J.T. Fowler

Abondance : Habituellement tenu pour rare, même dans son habitat de prédilection, le lutin des tourbières peut occasionnellement devenir abondant dans certaines tourbières. En 1992, il était commun dans la tourbière Alfred, et il y a été observé en plus grande abondance et dans un plus grand nombre de secteurs qu'au cours des années précédentes.

Comportement et habitat : Dans la plupart des régions où il est présent, le lutin des tourbières est confiné aux tourbières à épinette et mélèze laricin. Même à l'intérieur de cet habitat, il se rencontre habituellement dans les portions les plus inaccessibles, généralement là où il y a des zones d'eaulibre et des bosquets épars d'épinettes noires rabougries. Ce lutin passe souvent inaperçu du fait desa petite taille, de son vol rapide et de son habitude de demeurer longtemps perché sur la végétation,et aussi parce qu'il vole en compagnie du lutin brun, plus grand, plus brillamment coloré et plus abondant. Dans une localité de la Nouvelle-Écosse, le lutin des tourbières se rencontre dans une pinède blanche sèche clairsemée, milieu passablement différent de son habitat habituel. Cette pinède est cependant parsemée d'îlots d'épinettes noires (Reginald Webster, comm. pers.).

Observations : Ce papillon a été découvert dans la tourbière de Lanoraie, à l'est de Montréal. La description de l'espèce est d'ailleurs fondée sur des spécimens capturés à cet endroit. Les auteurs pressentaient également sa présence dans la tourbière Alfred, 120 km plus à l'ouest, car cette tourbière est très semblable à la tourbière de Lanoraie. Une recherche approfondie menée en 1982 y a révélé l'existence d'une colonie dans une série de petites clairières circulaires au milieu de la tourbière.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.