Lutin des pins (Callophrys niphon) (Hübner, 1823)

Description : En dessous, le Callophrys niphon a deux barres foncées dans la cellule discoïdale de l'aile antérieure et est paré de dessins bien marqués. En dessous de l'aile antérieure, la ligne postmédiane est lisérée de blanc et irrégulière. En dessous, l'aile postérieure est plus foncée à la base, fortement bigarrée et marquée dans sa portion marginale d'une bande grise coiffée d'une rangée de croissants inversés. Envergure : 22 à 27 mm.

Sous-espèces : La sous-espèce clarki, d'un brun rougeâtre ou brun jaunâtre plus pâle et parée de marques plus diffuses en dessous, occupe l'ensemble de la vaste aire de l'espèce au Canada. Certains individus du nord-ouest de l'Ontario sont plus fortement marqués de brun foncé et ressemblent à la sous-espèce nominale niphon, qui vole dans l'est des États-Unis.

Répartition géographique : Le lutin des pins se rencontre dans la plupart des régions de l'est des États-Unis. Au Canada, il aurait été trouvé à l'état larvaire sur le sapin baumier à Terre-Neuve, mais cette mention résulte peut-être d'une confusion avec le C. eryphon (Morris, 1980). Il est répandu en Nouvelle-Écosse et dans le sud du Nouveau-Brunswick. Il est commun dans le sud du Québec jusqu'à Sept-Iles, à l'est, et presque jusqu'à la baie James, au nord. En Ontario, il est présent au nord jusqu'au lac Favourable. Il se rencontre également dans le sud du Manitoba jusqu'au lac Lynn, au nord, de même que dans le centre de la Saskatchewan et le nord de l'Alberta. Sa présence a été mentionnée une fois en Colombie-Britannique (le long de la route Liard, à la rivière Nelson) et trois fois dans les Territoires du Nord-Ouest, jusqu'à Wrigley, au nord.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Le lutin des pins ressemble beaucoup au lutin du pin gris (C. eryphon ) et est facilement confondu avec ce dernier. Toutefois, chez le lutin du pin gris, la cellule discoïdale, en dessous de l'aile antérieure, ne contient qu'une seule barre (au lieu de deux barres parallèles, comme chez le lutin des pins), et il y a moins de gris dans les aires submédiane et marginale en dessous de l'aile postérieure. La série de marques noires en forme de « V », en dessous de l'aile postérieure, trace une ligne continue fortement dentelée chez le lutin du pin gris, alors qu'elle est réduite à une suite discontinue de pics noirs coiffant des taches brunes irrégulières chez le lutin des pins. Chez le lutin des tourbières (C. lanoraieensis), beaucoup plus petit, le dessous des ailes est brun foncé et brun pâle, non pas rougeâtre ou brun-jaune comme chez le C. niphon clarki, et la bande grise sur le bord de l'aile postérieure est plus grande et s'étend habituellement jusqu'aux marques noires en forme de coin. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est verte, avec des lignes blanchâtres parfois teintées d'orange le long du corps. Elle se nourrit habituellement sur diverses espèces de pins durs comme le pin gris (Pinus banksiana). Toutefois, dans la région d'Ottawa, le lutin des pins est généralement rencontré à proximité du pin blanc (P. strobus), essence à bois plus tendre sur laquelle il a d'ailleurs été élevé. Les essais d'élevage sur le pin rouge (P. resinosa) à Ottawa et sur le pin gris au Nouveau-Brunswick se sont révélés infructueux.

Abondance : Dans les endroits où les pins sont abondants, le C. niphon est généralement l'espèce de lutin la plus commune.

Période de vol : Au Canada, le lutin des pins vole du début de mai au début de juin dans la plupart des régions où il est présent.

Comportement et habitat : Ce papillon fréquente les milieux sablonneux peuplés de pins. Dans ces habitats, les mâles s'assemblent souvent sur le bord des routes pour se désaltérer sur le sable humide. Les femelles se perchent habituellement sur les pins. Les deux sexes visitent les fleurs.

Observations : La sous-espèce clarki a été nommée d'après des spécimens capturés dans les collines sablonneuses de la baie Constance, près d'Ottawa, en Ontario. Elle y est encore commune et facile à trouver. Hooper (1973) a mentionné la présence de la sous-espèce niphon dans les collines du Cyprès de la Saskatchewan, mais nous n'avons trouvé aucun spécimen permettant d'étayer cette mention.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.