Callophrys rosneri (Johnson, 1976)

Description : Chez le mâle, le dessus des ailes est brun foncé, avec des zones cannelle, en particulier sur le tiers externe des ailes, tandis que chez la femelle, il est cannelle, avec les bordures brun foncé. L'aile postérieure est pourvue d'une queue. En dessous, les ailes, en particulier l'aile postérieure, sont brunes teintées de violet. La bande postmédiane lisérée de blanc est habituellement irrégulière. La bande marginale gris argenté en dessous de l'aile postérieure est coiffée d'une rangée de trois ou quatre taches foncées. Envergure : 21 à 27 mm.

Sous-espèces : Deux sous-espèces sont mentionnées par Johnson (1976) comme présentes au Canada : la sous-espèce nominale rosneri, qui vole dans les chaînes de montagnes de l'intérieur de la Colombie-Britannique, a le dessous de l'aile postérieure d'un brun légèrement plus rougeâtre que la sous-espèce plicataria, qui se rencontre dans l'île de Vancouver et dans la chaîne côtière.

Répartition géographique : Le Callophrys rosneri se rencontre partout dans le sud de la Colombie-Britannique où pousse sa plante hôte.


Données sur les collections de spécimens

Espèces semblables : Le C. barryi ; voir ci-dessous. Dans les régions où elles se rencontrent ensemble, les deux espèces peuvent habituellement être départagées par l'habitat, le C. rosneri étant étroitement associé au thuya géant (Thuja plicata), et le C. barryi, au genévrier des Rocheuses (Juniperusscopulorum). Voir également le C. johnsoni. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est ornée d'une série de traits obliques jaunes en forme de croissant de chaque côté du corps. Apparemment, elle se nourrit exclusivement sur le thuya géant.

Abondance : Le C. rosneri présente une répartition localisée et irrégulière. Il peut être commun dans les régions où pousse sa plante hôte.

Période de vol : Le C. rosneri vole du milieu d'avril au début de juin.

Comportement et habitat : Le C. rosneri s'éloigne guère des forêts où pousse sa plante hôte, le thuya géant. Les mâles se perchent habituellement sur la plante hôte pour surveiller les allées et venues des femelles.

Observations : Le C. rosneri et le C. barryi appartiennent à un groupe d'espèces à la fois complexe et méconnu. Johnson (1976) a réparti les populations autrefois associées au C. nelsoni (Boisduval) dans cinq espèces en se fondant principalement sur les plantes hôtes et de subtiles différences liées aux structures génitales. Partant d'un point de vue passablement différent, Scott (1986) a non seulement réuni ces cinq espèces, mais il les a traitées comme des populations ou des sous-espèces du porte-queue verdâtre (C. grynea). Deux espèces de ce groupe se rencontrent en Colombie-Britannique et, même si elles diffèrent peu l'une de l'autre, les caractéristiques de leur biologie et de leur comportement justifient qu'elles soient considérées comme distinctes. Le C. rosneri se rencontre dans tout le sud de la Colombie-Britannique et est associé exclusivement au thuya géant; les chenilles se nourrissent du feuillage de cette essence, tandis que les mâles se perchent sur les branches en vue de l'accouplement. Dans de nombreuses régions du sud de la Colombie-Britannique, le C. rosneri se rencontre en compagnie du C. barryi, mais ce dernier a le dessous de l'aile postérieure plus gris et est étroitement associé au genévrier des Rocheuses. Ces deux espèces sont censées différer l'une de l'autre et du porte-queue verdâtre par de subtiles différences intéressant les structures génitales, mais nos dissections ne nous ont pas permis de confirmer ces allégations. Selon Crispin Guppy, qui a étudié en détail le C. rosneri et le C. barryi dans la région de Victoria, ces deux espèces semblent effectivement distinctes, du moins dans cette région. Les deux espèces se nourrissent sur la mauvaise plante hôte en captivité, mais elles ne le font apparemment pas en nature. La situation semble se compliquer davantage plus au sud, les deux espèces s'hybridant en certains endroits de l'Oregon (Paul Hammond, comm. pers.). Selon une autre hypothèse qui demeure à vérifier, le C. rosneri serait une espèce distincte, tandis que le C. barryi serait une sous-espèce de l'Ouest du porte-queue verdâtre.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.