Satyre fauve des Maritimes (Coenonympha nipisiquit) (McDunnough, 1939)

Description : Le satyre fauve des Maritimes est un papillon à la livrée plus sombre. Chez le mâle, les ailes sont brun orangé foncé, sauf la portion centrale de l'aile antérieure, qui est légèrement plus pâle. La femelle est brun orangé pâle, plus foncée que la femelle du satyre fauve (C. inornata), à peine plus pâle que le mâle de cette même espèce. En dessous, la bande médiane pâle contraste avec le fond des ailes brun-gris foncé. Chez environ 30 % des mâles et presque toutes les femelles, la région préapicale de l'aile antérieure, en dessous, est ornée d'un ocelle noir auréolé de pâle et pupillé d'argent. Envergure : 32 à 36 mm.

Répartition géographique : Le Coenonympha nipisiquit se rencontre uniquement dans les marais salés de la baie des Chaleurs, entre le Québec et le Nouveau-Brunswick. Trois colonies sont établies près de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, deux près de Miguasha, au Québec, et une près de Saint-Siméon-de-Bonaventure, au Québec.


Données sur les collections de spécimens

Espèces semblables : Le satyre fauve des Maritimes peut être confondu avec le satyre fauve, mais il a le dessus des ailes d'un brun orangé plus foncé et vole à la fin de juillet et en août; en comparaison, le C. tullia inornata, dans cette même région, vole de la mi-juin à la mi-juillet. Le C. nipisiquit se rencontre exclusivement dans les marais salés, tandis que le C. tullia inornata, dans cette région, vole dans les prés, en terrain plus élevé. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille se nourrit sur la spartine étalée (Spartina patens). Le satyre fauve des Maritimes hiberne au deuxième stade larvaire.

La description de cette image suit.
Satyre fauve des Maritimes (Coenonympha nipisiquit). Bathurst, N.-B. A.W. Thomas

Abondance : Cette espèce est commune à abondante dans les quelques marais salés où elle se rencontre.

Période de vol : Le satyre fauve des Maritimes a une seule génération par année et vole à la fin de juillet et en août.

Comportement et habitat : Le satyre fauve des Maritimes se rencontre uniquement dans quelques marais salés où la spartine étalée, sa plante hôte, est présente et où le limonium de Nash (Limonium nashii), sa plante nectarifère préférée, est abondante.

Observations : Le satyre fauve des Maritimes a longtemps été considéré comme une sous-espèce du satyre fauve isolée dans la baie des Chaleurs, mais des recherches sur le terrain menées par Reginald Webster donnent à croire qu'il est bien distinct de ce dernier. Au cours des 20 dernières années, le satyre fauve a étendu son aire au Nouveau-Brunswick jusqu'à la baie des Chaleurs, et les deux taxons volent maintenant àproximité l'un de l'autre mais demeurent bien distincts. La chenille du satyre fauve des Maritimes se nourrit uniquement sur la spartine étalée. Le satyre fauve des Maritimes diffère également du satyre fauve par sa coloration. Ce dernier est généralement observé en terrain plus élevé, dans des champs abandonnés, mais jamais dans les marais salés qui se trouvent souvent à seulement quelques mètres de distance. Dans la région, le satyre fauve vole de la mi-juin à la mi-juillet, alors que le satyre fauve des Maritimes vole de la fin de juillet à la fin d'août. Même dans le sud du Nouveau-Brunswick, où les étés sont beaucoup plus chauds qu'à Bathurst, le satyre fauve produit rarement une deuxième génération, et celle-ci n'émerge qu'en septembre.

Le nom du satyre fauve des Maritimes a récemment été inscrit sur la liste des espèces en danger de disparition au Nouveau-Brunswick à cause de la nature extrêmement circonscrite et vulnérable de l'habitat dans lequel il évolue.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.