Colias christina (W.H. Edwards, 1863)

Description : Sur le dessus, la base des ailes est jaune brillant, tandis que les deux tiers externes sont orange. En dessous, les ailes sont jaune olivâtre. Chez la femelle de la forme blanche, peu commune, les bordures noires sont très réduites. Envergure : 35 à 52 mm.

Sous-espèces : Trois sous-espèces sont présentes au Canada. La sous-espèce nominale christina occupe la majeure partie de l'aire de l'espèce au Canada. La sous-espèce astraea se rencontre dans l'ouest des États-Unis jusque dans le nord du Montana et forme un cline avec la sous-espèce nominale dans le sud-ouest de l'Alberta; elle a l'aile antérieure d'un orange plus terne, et le dessous des ailes, plus teinté d'olive. La sous-espèce kluanensis vole dans le sud-ouest du Yukon; voir l'analyse la concernant à la section Observations.

Répartition géographique : Le Colias christina se rencontre depuis le Wyoming jusqu'à Gillam, dans le centre du Manitoba (sa présence a été mentionnée une fois à Churchill) et le sud de la Saskatchewan et, vers l'ouest, jusqu'en Alberta et dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Au nord, il atteint le Yukon et l'ouest des Territoires du Nord-Ouest.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : La position caractéristique des plages d'écailles orange et jaunes distingue le C. christina de la plupart des autres espèces de Colias. Chez le coliade de la luzerne (C. eurytheme), la plage d'écailles orange s'étend jusqu'à la base des ailes, et le point discocellulaire en dessous de l'aile postérieure est argenté et entouré de deux anneaux roses. Chez le coliade de Booth (C. tyche) et le coliade orangé (C. hecla), le dessus des ailes ne comporte pratiquement aucune zone jaune, sinon aucune, et en dessous, un trait rouge distinctif s'étend sur une courte distance vers le bord externe de l'aile postérieure à partir du point discocellulaire, qui est blanc. [images comparatives]

Stades immatures : Des élevages sur (Hedysarum ssp.) ont été réalisés à The Pas, au Manitoba; JDL a observé des pontes sur cette plante au parc national Kluane, au Yukon. La chenille est semblable à celle du Colias alexandra.

Abondance : Ce coliade est habituellement assez commun.

Période de vol : Le C. christina vole de mai à septembre, mais il est beaucoup plus commun en juillet dans la plupart des régions où il est présent au Canada.

Comportement et habitat : Essentiellement une espèce forestière, le C. christina se rencontre dans les milieux ouverts et le long des routes, là où pousse sa plante hôte.

Observations : Bien que son statut ait soulevé la controverse pendant de nombreuses années, il semble que le C. christina soit bel et bien distinct du Colias alexandra. Les zones d'écailles réfléchissant les ultraviolets coïncident avec les plages orange des ailes chez le mâle. Ferris (1993) a traité le C. krauthii Klots, des collines noires du Dakota du Sud, comme une espèces distincte du C. christina, et kluanensis Ferris comme une sous-espèce du C. krauthii. La forme typique de kluanensis diffère du C. christina à maints égards : le dessous de l'aile postérieure est d'un vert mousse foncé, et non de la couleur olive produite par la superposition d'écailles foncées sur un fond jaune; en dessous, le point discocellulaire, au milieu de l'aile postérieure, est blanc, petit et finement annelé de rose; chez la femelle, la bordure foncée de l'aile antérieure est relativement complète, et les ailes, surtout la postérieure, sont fortement voilées d'écailles foncées. Ferris a examiné des spécimens de kluanensis capturés le long de la route de l'Alaska entre Whitehorse et la frontière de l'Alaska. Il a également identifié comme « près de C. christina » plusieurs spécimens de la Collection nationale canadienne provenant de la région de Dawson. Nous avons depuis obtenu du Yukon de nombreux autres spécimens de ce groupe capturés le long de la route de l'Alaska à l'est de Whitehorse et le long de la route du Klondike reliant Whitehorse à Dawson. Ces spécimens déterminent un cline complet sous tous les caractères permettant de séparer kluanensis de christina. Nous considérons donc kluanensis comme une sous-espèce du C. christina plutôt que comme une espèce distincte. Plusieurs espèces de prairie présentent des populations disjointes dans les habitats de steppe près de Kluane, et il semble que le C. christina soit du nombre. Il se peut qu'en créant un corridor d'habitats favorables, la construction de la route de l'Alaska ait permis aux sous-espèces christina et kluanensis d'entrer en contact et de se croiser.

Certains chercheurs, se fondant principalement sur la présence d'éventuelles populations hybrides dans l'est de l'Oregon, ont mentionné que le C. christina devrait être considéré comme une sous-espèce de l'Est du C. occidentalis. Les différences interspécifiques considérées par Ferris (1993) et décrites ci-haut et la nature locale de la prétendue population hybride donnent à croire qu'il est préférable de continuer de considérer ces espèces comme distinctes. En présence de certaines conditions, nombre de nos espèces de Colias semblent s'hybrider avec les espèces qui leur sont les plus étroitement apparentées.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.