Colias occidentalis (Scudder, 1862)

Description : Chez le mâle, le dessus des ailes est jaune brillant, avec les bordures entièrement noires. Chez la femelle, les ailes sont d'un jaune plus pâle (très rarement blanc jaunâtre), avec les bordures plus pâles mais bien distinctes. En dessous, l'aile postérieure est jaune foncé, sau poudréede gris; le point disco cellulaire est blanc, distinctement annelé de rose, et les points submarginaux foncés sont habituellement présents à l'état de trace. Envergure : 43 à 50 mm.

Sous-espèces : Seule la sous-espèce nominale occidentalis se rencontre au Canada.

Répartition géographique : Cette espèce de la côte nord-ouest du Pacifique a une aire très limitéeau Canada et ne s'y rencontre que dans la portion est de l'île de Vancouver et dans les régions arides des deux côtés des monts Cascades, dans les vallées du Fraser et de la Similkameen.

Espèces semblables : Le C. alexandra est souvent confondu avec le C. occidentalis dans les régions du sud-ouest de la Colombie-Britannique où les deux espèces cohabitent. Dans ces régions, chez le mâle du C. alexandra, le tiers externe de l'aile postérieure (zone réfléchissant les ultraviolets; voir ci-dessous la section Observations) est d'un jaune plus foncé que l'aile antérieure et le dessous de l'aile postérieure est grisâtre ou jaune verdâtre. Chez la femelle, il n'y a presque pas de noir sur le dessus de l'aile antérieure. Chez le coliade du trèfle (C. philodice), le dessous des ailes est marqué d'une rangée de points submarginaux foncés bien évidents, et le dessous de l'aile postérieure porte un point argenté entouré de deux anneaux roses. Chez le coliade intérieur (C. interior), plus petit, le dessous de l'aile postérieure est jaune vif, à peine sau poudré de gris, et le point au milieu de l'aile postérieure, sur le dessus, est orange au lieu de jaune. [images comparatives]

Stades immatures : Les adultes immatures ne sont pas décrits. On sait toute fois que la chenille se nourrit sur diverses légumineuses, en particulier des vesces (Vicia spp.), des gesses (Lathyrus spp.)et des lupins (Lupinus spp.).

Abondance : Bien que ses populations soient très localisées et dispersées, le Colias occidentalis peut être localement commun.

Période de vol : Les adultes se rencontrent de la fin de mai au début de juillet.

Comportement et habitat : Le C. occidentalis est associé aux forêts conifériennes sèches et clairsemées et se rencontre habituellement à l'intérieur et à proximité des forêts de douglas. Il estrarement observé en milieu agricole (Tilden et Smith, 1986).

Observations : Le C. occidentalis, le C. alexandra et le C. christina font partie d'un complexe d'espèces qui a longtemps été mal compris. Se fondant sur l'existence de formes intermédiaires entre chacune de ces espèces, les spécialistes croyaient que ces espèces s'hybridaient fréquemment dans les régions où elles cohabitaient et les considéraient comme autant de sous-espèces d'une seule et même espèce. Les mâles de nombreuses espèces de Colias, dont la plupart des espèces dont il est ici question, possèdent des plages d'écailles spécialisées que nous pouvons voir uniquement sous rayonnement ultraviolet. Ces écailles, bien visibles pour les coliades, interviennent dans la parade nuptiale et la sélection des partenaires. Clifford Ferris a eu recours à la photographie en ultraviolet pour étudier ce complexe d'espèces pendant de nombreuses années et a consacré une série d'articles au groupe. Il a notamment montré que le C. occidentalis, contrairement aux autres espèces du groupe, na pas d'écailles spécialisées réfléchissant les ultraviolets. Se fondant sur la répartition deces zones d'écailles, il a distingué au sein du groupe quatre autres espèces, dont trois au Canada. Nous savons maintenant que bon nombre des soi-disant zones d'hybridation reflètent en réalité l'existence de variations intraspécifiques plutôt qu'une hybridation entre espèces, même si ce phénomène s'observe occasionnellement. Dans le traitement de ces espèces, nous nous fondons sur la révision récente du groupe réalisée par Ferris (1993).

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.