Euchloe ausonides (Lucas, 1852)

Description : L'Euchloe ausonides est la plus grande (envergure : 30 à 48 mm) des cinq espèces d'Euchloe rencontrées au Canada. En dessous de l'aile postérieure, le blanc domine sur le vert, les zones blanches formant de grandes taches irrégulières partiellement fusionnées au travers du réseau de dessins réticulés verts; les nervures sont habituellement sur lignées de jaune et s'étendent parmiles marbrures vertes. Sur le dessus de l'aile antérieure, la tache discoïdale foncée au milieu du bord costal est noire, fortement voilée d'écailles blanches (plus visibles au moyen d'un microscope ou d'une loupe 15x). Chez le mâle, cette tache est étroite, pointue ou arrondie à l'apex (portion dirigée vers lemilieu de l'aile). Chez la femelle, cette tache est plus grande et tronquée apicalement, et contrairement à ce qu'on observe chez les autres espèces du genre, le dessus de l'aile postérieure est souvent faiblement teinté de jaune.

Sous-espèces : Quatre sous-espèces sont actuellement reconnues, mais aucune ne présente decaractères vraiment distinctifs. Dans la Collection nationale canadienne, l'holotype de la sous-espècemayi, capturé au mont Riding, au Manitoba, se différencie difficilement des spécimens de la sous-espèce nominale ausonides provenant de la Californie, et nous assimilons toutes les populations canadiennes, à l'exception de deux populations présentant des caractères plus distinctifs, à la sous-espèce ausonides. Chez une de ces deux populations, connue du sud de l'île de Vancouver, les adultes sont de grande taille (41 à 48 mm), les marbrures vertes en dessous de l'aile postérieure sont plus étendues, et les femelles sont très foncées. Cette population, encore non décrite, est apparemment disparue. Une population du nord du Yukon et de l'Alaska a récemment été reconnue comme une nouvelle espèce distincte (Euchloe ogilvia Back, 1990). Décrite des monts Ogilvie, au Yukon, cette population se distingue du matériel de San Francisco par de subtiles différences intéressant la forme de la chrysalide et la micro sculpture de l'oeuf. En dessous, les marbrures vertes de l'aile postérieure sont plus étendues, mais la bordure d'écailles jaunes recouvrant les nervures est réduite. Toutefois, comme toute une gamme de formes intermédiaires entre ces deux extrêmes se rencontre dans la moitié sud du Yukon, nous considérons le E. ogilvia comme une sous-espèce nordique du E. ausonides.

Répartition géographique :  L'E. ausonides se rencontre dans la plupart des régions de l'ouest du Canada jusqu'à la limite des arbres. Il est cependant absent de la côte du Pacifique (la population du sud de l'île de Vancouver étant disparue) et des régions de prairie ouverte du sud de la Saskatchewan et du Manitoba. Vers l'est, l'espèce se rencontre jusqu'à l'île Manitoulin, en Ontario.

Espèces semblables : Chez l'E. lotta, la tache discoïdale est entièrement noire (souvent floue, mais jamais voilée d'écailles blanches), large, abruptement tronquée apicalement à égalité avec une nervure chez les deux sexes. En dessous, l'E. lotta est semblable à l'E. ausonides, mais au Canada, les marbrures vertes sont plus accentuées et occupent plus d'espace que les zones blanches. L'E. naina ressemble à l'E. ausonides ogilvia, mais les marbrures vertes couvrent une superficie encore plus grande, au point où le dessous de l'aile postérieure semble presque entièrement vert, avec seulement quelques taches blanches sur les bord costal et externe de l'aile. L'E. creusa (24 à 36 mm) est en général plus petit que l'E. ausonides (30 à 48 mm), et les taches blanches en dessous de l'aile postérieure dessinent de longues rayures étroites parallèles au bord externe de l'aile, non pas des marbrures comme chez l'E. ausonides. De plus, chez l'E. creusa, comme chez l'E. lotta, la tache discoïdale de l'aile antérieure est voilée au plus de quelques écailles blanches et est souvent tronquée; cette tache est habituellement plus étroite chez l'E. creusa que chez l'E. lotta. Chez l'Olympe (E. olympia), les marbrures vertes en dessous de l'aile postérieure sont distinctement réduites. Au Canada, l'E. ausonides est la seule espèce dont l'aile postérieure est fréquemment jaune pâle chez la femelle; cette coloration est rarement observée chez l'E. creusa, apparemment jamais chez les trois autres espèces. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est gris bleuté foncé, avec de nombreux points noirs et des bandes longitudinales jaunes et blanches. Elle se nourrit sur un grand nombre de plantes de la famille de lamoutarde, dont l'arabette glabre (Arabis glabra) et le sisymbre élevé (Sisymbrium altissimum).

Abondance : Bien que répandu, ce papillon est généralement confiné aux milieux boisés clairsemés et se rencontre souvent à proximité de pins. Ses effectifs fluctuent souvent d'une année à l'autre.

Période de vol : L'E. ausonides vole en avril et en mai dans le sud de la Colombie-Britannique, et du début de mai à la fin de juillet au Manitoba. La période de vol est généralement plus tardive dans les régions montagneuses.

Comportement et habitat : Les pinè des clairsemées à sol sablonneux sont probablement les meilleurs endroits pour observer cette espèce au vol relativement lent et zigzagant.

Observations : Un individu de cette espèce, dans la Collection nationale canadienne, a été capturé en 1887 près du lac Dease, le long du sentier Cassiar, dans le nord de la Colombie-Britannique, par G.M. Dawson, à qui la ville de Dawson, au Yukon, doit son nom.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.