Euphydryas chalcedona (Doubleday, 1847)

Description : L'Euphydryas chalcedona est un papillon extrêmement variable, mais bien représentatif du genre, avec ses ailes noires traversées de bandes de taches orange et blanches. Le dessous des ailes ressemble au dessus, mais les dessins sont plus pâles. L'aile antérieure est pointue, en particulier chez le mâle. Envergure : 30 à 56 mm.

Sous-espèces : Plus d'une trentaine de sous-espèces sont actuellement reconnues, mais seulement trois ont été observées au Canada. La sous-espèce perdiccas, reconnaissable à ses taches rouge-orange plus grandes que chez la plupart des autres sous-espèces, se rencontrait autrefois dans le sud de l'île de Vancouver. La sous-espèce paradoxa vole dans les chaînons côtiers, à l'ouest de la vallée du Fraser; elle est très semblable à la sous-espèce anicia, mais la structure de ses genitalia l'associe plutôt au groupe de sous-espèces chalcedona (voir la section Observations). Au Canada, la plupart des populations appartiennent à la sous-espèce anicia, décrite de Banff, en Alberta. Les populations du nord-ouest de la Colombie-Britannique et du Yukon ont été associées à la sous-espèce helvia, mais elles ressemblent tellement à la sous-espèce anicia que nous réunissons la sous-espèce helvia à la sous-espèce anicia. Les populations qui volent dans les collines du Cyprès, en Saskatchewan, et au mont Riding, au Manitoba, diffèrent légèrement de la sous-espèce anicia, mais elles n'ont pas été étudiées suffisamment pour être reconnues comme une sous-espèce distincte.

Répartition géographique : L'E. chalcedona est répandu du Mexique à l'Alaska dans les montagnes de l'Ouest. Il atteint son abondance maximale dans les Rocheuses de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, jusqu'au Fraser, à l'ouest. Vers le nord, il est présent jusqu'au Yukon et en Alaska. À l'ouest du Fraser, sa présence est plus sporadique, et il est disparu de l'île de Vancouver. Il forme des colonies isolées dans les collines du Cyprès de l'Alberta et de la Saskatchewan et dans les monts Riding au Manitoba.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Dans la plupart des régions où il est présent, l'E. chalcedona risque d'être confondu seulement avec l'Euphydryas editha, dont l'aire chevauche largement la sienne. Il s'en distingue cependant par sa taille plus grande, l'apex de son aile antérieure plus pointu chez le mâle et ses motifs distinctifs en dessous de l'aile postérieure. Chez l'E. chalcedona, la bande médiane parmi les trois bandes de taches jaunes est entièrement jaune et séparée de la bande rouge adjacente par une ligne noire épaisse.Chez l'E. editha, le tiers externe de cette bande jaune est rouge, et la ligne noire semble diviser la bande rouge en deux bandes distinctes. [images comparatives]

Stades immatures : Cette espèce est également très variable à l'état larvaire. Certaines chenilles sont blanc mat, avec des tubercules épineux noirs, tandis que d'autres sont noires, avec des mouchetures blanches et des tubercules orange, et d'autres encore, noires, avec des poils blancs et des taches orange à la base des tubercules noirs. On ne connaît pas bien les plantes hôtes des différentes sous-espèces et des diverses populations au sein de chaque sous-espèce. Les plantes hôtes connues incluent des symphorines (Symphoricarpos spp.), des penstémons (Penstemon spp.), des castilléjies (Castilleja spp.) et des plantains (Plantago spp.).

Abondance : La sous-espèce perdiccas se rencontrait autrefois dans seulement deux localités du sud de l'île de Vancouver, mais ces populations semblent disparues. La sous-espèce paradoxa vit en colonies isolées à l'ouest de la vallée du Fraser et y est considérée comme relativement abondante au sein de chaque colonie. La sous-espèce anicia est largement répandue, mais elle présente une distribution localisée dans la plupart des régions où elle est présente. Elle est commune dans les collines du Cyprès (Hooper, 1973). Un seul spécimen, capturé en 1933, est connu du parc national dumont-Riding, au Manitoba (Klassen et al., 1989).

La description de l'image suit.
Euphydryas chalcedona anicia. Parc provincial Kalamalka, C.-B. J. Kamstra

Période de vol : À l'ouest du Fraser, les sous-espèces perdiccas et paradoxa volent en mai et en juin jusqu'à 1 000 mètres d'altitude; les populations subalpines de la sous-espèce paradoxa volent à la fin de juin et en juillet à plus de 2 000 mètres. À l'est du Fraser, la sous-espèce anicia se rencontre de la fin de juin au début d'août.

Comportement et habitat : L'E. chalcedona se rencontre le long des cours d'eau, dans les prés et les clairières et parmi les talus d'éboulis en région alpine.

Observations : L'E. chalcedona est un assemblage complexe de populations plus ou moins différenciées les unes des autres qui, comme certaines autres espèces de papillons diurnes, se situent quelque part entre des espèces distinctes et des populations d'une même espèce capables de se reproduire entre elles. Les populations peuvent être départagées en deux groupes d'après la structure des genitalia mâles. Chez celles du groupe chalcedona, l'extrémité de la valve est pourvue d'une longue épine incurvée et d'une deuxième épine beaucoup plus courte (environ le quart de longueur de la grande épine) à la base de la grande épine. Chez celles du groupe anicia, l'épine basale mesure environ la moitié ou les deux tiers de la longueur de la grande épine. Les genitalia des spécimens de l'île de Vancouver et des chaînons côtiers (sous-espèces perdiccas et paradoxa) sont typiques du groupe chalcedona, tandis que ceux des spécimens de la plupart des autres régions de la Colombie-Britannique et de l'Alberta sont caractéristiques du groupe anicia. Chez les spécimens volant sur le versant est des chaînons côtiers, à l'ouest du Fraser, la longueur de l'épine est intermédiaire entre celle observée chez les groupes paradoxa et anicia, et il est impossible de savoir à quelle sous-espèce ces individus appartiennent. Cette situation est typique des sous-espèces, et les groupes chalcedona et anicia se comportent effectivement comme des sous-espèces en Colombie-Britannique. Les sous-espèces paradoxa et anicia forment des populations hybrides dans le sud de la Colombie-Britannique, mais il semble que le phénomène, chez paradoxa, soit limité aux populations alpines, les seules qui volent en juillet, en même temps que le sous-espèce anicia. Les populations de la sous-espèce paradoxa qui vivent à plus faible altitude volent à la fin de mai et au début de juin et ne peuvent donc pas s'hybrider avec les populations de la sous-espèce anicia. Les aires disjointes des groupes anicia et chalcedona et la tendance des populations de s'hybrider et de se différencier ont produit des formes intermédiaires qui ne correspondent pas aux définitions d'espèce et de sous-espèce. Nous traitons les groupes de populations chalcedona et anicia comme une seule espèce parce qu'ils produisent toute une gamme de formes intermédiaires dans la plupart des régions où ils se rencontrent ensemble.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.