Fixsenia favonius (J.E. Smith, 1797)

Description : Le Fixsenia favonius est très semblable aux porte-queue du genre Satyrium de l'est du Canada, et certains chercheurs estiment qu'il devrait être transféré dans ce genre. Le dessus des ailes est brun grisâtre, avec une tache orange en forme de coin près du bord de l'aile postérieure, entre les deux queues. En dessous, l'aile antérieure est brune, sans point discoïdal, contrairement à ce qu'on observe chez les porte-queue du genre Satyrium. Ce porte-queue se distingue principalement des espèces semblables par la ligne médiane blanche et noire qui, en dessous de l'aile postérieure, trace distinctement une marque en forme de « W » au-dessus de la tache anale bleue. Envergure : 24 à 38 mm.

Sous-espèces : La sous-espèce ontario se rencontre de l'extrême sud de l'Ontario jusqu'au Texas; jusqu'à récemment, elle était traitée comme une espèce distincte, mais elle s'hybride avec la sous-espèce plus méridionale favonius dans les régions où leurs aires se chevauchent (Scott, 1986; Opler et Malikul, 1992).

Répartition géographique : Cette espèce est répandue depuis la Nouvelle-Angleterre jusqu'en Floride au sud et en Arizona vers l'ouest. Elle est rare et forme des populations localisées dans le nord-est des États-Unis. La sous-espèce ontario a été décrite par Edwards d'après un spécimen capturé à Port Stanley, en Ontario, en juillet 1868. Sa présence a depuis été signalée à quelques reprises dans le sud-ouest de l'Ontario (Holmes et al., 1991). Nous n'avons cependant pas été en mesure de confirmer ces mentions, sauf celle du spécimen-type. En conséquence, aucune de ces mentions n'est incluse dans la carte de répartition. Klots (1951) a pour sa part mentionné la présence du F. favonius au Québec, mais cette mention n'est étayée par aucun spécimen.

Espèces semblables : Toutes les espèces de Satyrium volant dans l'est du Canada. Voir la section Description ci-dessus.

Stades immatures : La chenille est jaunâtre avec des rayures vertes sur le dos et une rayure jaune sur les côtés. Elle se nourrit sur plusieurs espèces de chênes, mais parmi celles-ci, seul le chêne blanc (Quercus alba) se rencontre au Canada. Diverses espèces d'aubépines (Crataegus spp.) pourraient également être utilisées comme plantes hôtes dans le Nord-Est.

Abondance : Le F. favonius est considéré comme un visiteur extrêmement rare dans l'extrême sud de l'Ontario.

Période de vol : Au sud du lac Ontario, dans la région des lacs Finger, dans l'État de New York, ce porte-queue vole en juillet, mais en Pennsylvanie, il vole à la mi-juin.

Comportement et habitat : Dans le nord-est des États-Unis, le F. favonius se rencontre principalement en terrain schisteux dans les chênaies et les forêts de chêne et de pin. Les adultes se nourrissent dans les prés avoisinants sur les fleurs de diverses plantes comme le céanothe d'Amérique (Ceanothus americanus), l'apocyn (Apocynum spp.) et le mélilot blanc (Melilotus alba).

Observations : Bien qu'il soit possible que cette espèce soit disparue du Canada, il se peut aussi qu'elle passe tout simplement inaperçue en raison de sa ressemblance avec plusieurs autres porte-queue plus communs. Il n'est pas exclu non plus qu'elle n'ait jamais été une espèce résidente au Canada et qu'elle traverse seulement occasionnellement le lac Érié, comme le fait également le Parrhasius m-album. La sous-espèce ontario était autrefois considérée comme une espèce distincte du F. favonius et plus nordique que ce dernier. Les deux taxons sont maintenant traités comme deux sous-espèces d'une même espèce qui est commune dans le sud des États-Unis mais qui atteint seulement occasionnellement le sud du Canada.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.