Hespérie comma (Hesperia comma) (Linnaeus, 1758)

Description : Cette hespérie est très variable, tant à l'échelle subspécifique qu'individuelle. Sur le dessus, les ailes sont brun orangé virant graduellement au brun foncé vers le bord. En dessous, les ailes peuvent prendre diverses teintes de brun, mais elles sont toujours au moins faiblement voilées de vert, souvent de vert olive poivré. En dessous de l'aile postérieure, les taches sont blanches et très contrastées, parfois partiellement fusionnées en une bande médiane irrégulière. Chez la femelle, le dessus des ailes est brun foncé, avec des taches ou des marbrures orange de formes et dimensions variables. Le femelle est généralement plus grande que le mâle. Envergure : 22 à 30 mm.

Sous-espèces : Avec l'élévation de Hesperia colorado et d'Hesperia assiniboia au rang d'espèce valide, cinq sous-espèces sont maintenant reconnues en Amérique du Nord, et d'autres encore, dont la sous-espèce nominale, dans l'Ancien Monde. Trois sous-espèces sont présentes au Canada. Chez la sous-espèce laurentina (hespérie laurentienne), qui se rencontre depuis le nord de la région des Grands Lacs et dans la majeure partie de l'est du Canada, le dessous des ailes est brun olive et les taches blanches sont relativement petites et séparées. Chez la sous-espèce manitoba, qui est répandue dans tout l'ouest du Canada, le dessous des ailes est vert-gris plus foncé et les taches blanches sont plus grandes et souvent réunies. Enfin, la sous-espèce borealis (hespérie boréale), plus nordique que laurentina et rencontrée au Labrador et dans le nord du Québec, est essentiellement semblable à manitoba.

Répartition géographique : L'Hesperia comma se rencontre dans toute l'Eurasie et le nord-ouest de l'Afrique et, en Amérique du Nord, de la côte du Pacifique à la côte de l'Atlantique, dans des habitats boréaux et subalpins depuis la limite des arbres jusqu'au Colorado. Il est absent du sud de l'Ontario, à partir du parc provincial Algonquin au nord, et des Prairies.


Données sur les collections de spécimens


La description de cette image suit.
Hespérie laurentienne (Hesperia comma laurentina). Hautes-Terres-du-Cap-Breton, N.-É. J.D. Lafontaine

Espèces semblables : Comme l'hespérie comma se rencontre plus au nord ou à des altitudes plus élevées que les espèces qui lui ressemblent, il est généralement possible d'éliminer les dix autres espèces d'Hesperia d'après l'aire de répartition et les exigences liées à l'habitat de chacune. Les différences interspécifiques sont exposées dans la description des autres espèces.

Stades immatures : La chenille est vert olive, avec la tête foncée. À l'état larvaire, l'H. comma se nourrit sur diverses graminées, dont des pâturins (Poa spp.), des fétuques (Festuca spp.) et des barbons (Andropogon spp.) (MacNeill, 1964).

Abondance : L'hespérie comma est passablement commune dans les habitats qui satisfont à ses exigences, mais ses populations sont souvent relativement localisées.

Période de vol : L'H. comma vole habituellement de la fin de juin au milieu d'août dans l'Ouest (sous-espèce manitoba), et de la fin de juillet au début de septembre dans l'Est (sous-espèce laurentina); la sous-espèce borealis vole en juillet.

Comportement et habitat : Dans la zone boréale, cette hespérie se rencontre principalement dans des milieux herbeux ouverts, comme les bords de route et les clairières.

Observations : Selon Bird et al. (1995), l'Hesperia assiniboia ressemble et se comporte comme une espèce distincte de l'H. comma en Alberta. Nous partageons cette opinion, que nous étendons à l'Hesperia colorado. Ces deux anciennes sous-espèces de l'H. comma se rencontrent en compagnie de l'H. comma dans certaines localités. Nous les considérons ici comme des espèces distinctes.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.