Hespérie de Léonard (Hesperia leonardus) (Harris, 1862)

Description : Chez la sous-espèce nominale leonardus, le dessus des ailes est orange rougeâtre vif, largement marginé de noir, avec des marques noires contrastées. En dessous, les ailes sont rougeorangé chez les deux sexes, avec une bande de taches blanches contrastées bien distincte. Chez la sous-espèce pawnee, le dessus des ailes est beaucoup plus pâle, les grandes plages noires étant remplacées par des marques grises diffuses et plus petites. En dessous, les ailes sont chamois pâle, et les taches médianes sont petites et plus pâles. Envergure : 28 à 34 mm.

Sous-espèces : Deux des trois sous-espèces décrites sont présentes au Canada. La sous-espèce nominale leonardus vole dans l'Est, et la sous-espèce pawnee, dans les Prairies de l'Est.

Répartition géographique : L'aire de l'Hesperia leonardus couvre le nord des États-Unis du Maineau Dakota du Nord. Au Canada, l'hespérie de Léonard se rencontre dans le sud de la Nouvelle-Écosse, ainsi que des Cantons de l'Est, dans le sud du Québec, jusqu'à Amyot, vers le nord-ouest, dans le district d'Algoma, dans le sud de l'Ontario, et de Sioux Narrows, dans l'extême ouest de l'Ontario, jusqu'à Redvers, dans le sud-est de la Saskatchewan, en passant par le sud du Manitoba.

Espèces semblables : Dans l'Est, l'H. leonardus peut être confondu avec l'H. comma et l'H. sassacus. En dessous, l'H. comma est verdâtre, tandis que l'H. sassacus est orange jaunâtre avec une bande de taches jaune pâle. Dans l'Ouest, l'H. leonardus pawnee peut être confondu avec l'H. ottoe, l'H. assiniboia et l'H. dacotae; les caractères distinctifs de ces espèces sont présentés sous H. ottoe. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est brun pâle, avec des marbrures brun rougeâtre. La tête est noire chez la sous-espèce leonardus, brun foncé chez la sous-espèce pawnee. Les chenilles se nourrissent de graminées vivaces, notamment de barbon à balais (Schizachyrium scoparium), de boutelou gracieux (Bouteloua gracilis) et de panics (Panicum spp.). Elles hibernent au premier ou deuxième stade, et bouclent la majeure partie de leur développement au cours de la deuxième année.

Abondance : À l'échelle de son aire, l'H. leonardus est commun localement mais jamais abondant.

Période de vol : Les deux sous-espèces volent en août et en septembre et atteignent leur abondance maximale vers la troisième semaine d'août.

Comportement et habitat : La sous-espèce leonardus fréquente les milieux herbeux comme les clairières, les lisières de forêt et les sentiers. La sous-espèce pawnee se rencontre exclusivement dans les prairies sablonneuses sèches. Les deux sous-espèces visitent assidûment les fleurs, affichant une préférence pour les liatris (Liatris spp.) dans l'Ouest, l'aster de Nouvelle-Angleterre (Aster novae-angliae) et la vipérine commune (Echium vulgare) dans l'Est. Lorsqu'elle se nourrit de nectar, l'hespérie de Léonard est méfiante et difficile à approcher, et son vol est plus puissant que celui de la plupart des autres hespéries.

Observations : La sous-espèce pawnee a longtemps été considérée comme une espèce distincte de l'H. leonardus. En 1981, l'examen d'une série d'individus du Minnesota présentant des caractéristiques intermédiaires a révélé que ces deux taxons étaient conspécifiques (Scott et Stanford, 1981). Plus récemment, Spomer et al. (1993) ont confirmé qu'il s'agissait bien de deux sous-espèces d'une même espèce après avoir observé une gradation complète entre pawnee au nord et leonardus au sud parmi une série de spécimens provenant de 43 sites dans les collines Loess, série de falaises s'étendant sur 200 milles depuis le Dakota du Sud jusqu'au Missouri.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.