Famille des Pieridae

Piérides et coliades

Cette famille renferme environ 1 200 espèces dans le monde, environ 65 en Amérique du Nord et 40 au Canada. Huit des espèces répertoriées au Canada sont cependant des migrateurs non résidents. La famille est divisée en trois sous-familles, dont deux sont représentées au Canada. La plupart des espèces sont de taille moyenne, mais d'autres, dont certaines de nos espèces migratrices, sont des espèces tropicales de petite ou de grande taille. À l'âge adulte, les six pattes sont toujours bien développées, entièrement fonctionnelles et terminées par une paire de crochets doubles. Le blanc, le jaune ou l'orange domine chez presque toutes les espèces. Les oeufs, dressés et en forme de bouteille, sont habituellement déposés individuellement sur la plante hôte. Les chenilles ont le corps cylindrique et couvert de poils très courts et se nourrissent de dicotylédones. Les chrysalides sont dressées et attachées au support par le crémaster à la base et par une ceinture de soie au milieu du corps.

Sous-famille des Pierinae

Les Pierinae forment la plus grande sous-famille des Pieridae. À l'état larvaire, presque toutes les espèces se nourrissent de brassicacées (= crucifères) et de plantes appartenant à trois familles apparentées; le Neophasia menapia, qui se nourrit de conifères, est l'une des rares exceptions. Toutes les espèces présentes au Canada ont les ailes blanches avec des marques noires, en particulier sur le dessus. En dessous, les ailes sont recouvertes d'un mélange d'écailles jaunes et noires qui leur confèrent un aspect verdâtre. Les chenilles sont en bonne partie vertes, cylindriques, couvertes de poils très fins. La plupart des espèces hibernent au stade nymphal.

Les Pierinae ont un vol moyen à rapide et visitent régulièrement les fleurs. Nombre d'entre eux sont parmi les premiers papillons à prendre leur envol au printemps, mais certaines espèces produisent plusieurs générations et volent jusqu'à la fin de l'été.

À ce jour, 18 espèces ont été répertoriées au Canada, dont une espèce asiatique découverte récemment au Yukon. Une autre a été observée seulement une fois en Ontario; il s'agissait d'un individu errant.

Sous-famille des Coliadinae (Coliades)

Cette sous-famille compte 22 espèces au Canada. Deux d'entre elles figurent parmi les espèces de papillons diurnes les plus nordiques au monde, étant trouvées jusqu'à l'île d'Ellesmere. Tous les coliades ont les ailes jaunes, vertes ou orange. Presque toutes les espèces affichent un dimorphisme sexuel prononcé, et de nombreuses espèces présentent une forme femelle blanche.

Les adultes visitent régulièrement les fleurs et, au repos, gardent leurs ailes fermement repliées sur le dos. Certaines espèces fréquentent assidûment les milieux boueux et se rassemblent parfois par centaines sur les chemins de terre pour sonder le sol humide avec leur trompe.

À l'état larvaire, la plupart des espèces se nourrissent sur des plantes de la famille des Fabacées (= Légumineuses), mais certaines sont associées à d'autres familles comme les Éricacées (famille du bleuet) et les Salicacées (famille du saule). Les chenilles ressemblent à celles des Pierinae, mais à l'encontre de ces dernières, elles hibernent avant de se transformer en chrysalide.

Un certain nombre d'espèces plus méridionales sont considérées comme des migrateurs au Canada. Les espèces résidentes de Colias sont pour la plupart non migratrices, bien que le Colias eurythemepuisse faire exception.

Au sein du genre Colias, la définition et la distinction des espèces ont souvent été une source de spéculation et de controverse. Au fil des ans, de nombreuses formes, en particulier parmi les espèces vivant dans l'Arctique et les montagnes, ont été considérées comme des entités spécifiques distinctes. Afin de dissiper la confusion qui règne parmi ce groupe, Ferris (1993) s'est attaché à définir les espèces en se fondant sur la répartition des zones alaires réfléchissant les ultraviolets chez les mâles, la répartition géographique, les préférences à l'égard de l'habitat et des plantes hôtes et les motifs alaires des femelles. À quelques exceptions près, nous suivons le traitement préconisé par cet auteur.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.