Bleu nordique (Lycaeides idas) (Linnaeus, 1761)

Description : Chez le mâle, le dessus des ailes est bleu violacé brillant, très étroitement marginé de noir, parfois avec des taches marginales foncées indistinctes sur l'aile postérieure. Chez la femelle, au moins la moitié externe des ailes est gris brunâtre foncé, avec un reflet bleuté et, souvent, une trace de taches marginales orange. En dessous, les ailes sont gris pâle chez les deux sexes, avec des tachesnoires au centre et une rangée de taches marginales noires. En dessous de l'aile postérieure, les taches marginales sont pupillées de bleu métallique et coiffées d'orange et de noir. Envergure : 17 à 28 mm.

Sous-espèces : Parmi la douzaine de sous-espèces qui ont été décrites à l'échelle de l'Amérique du Nord, six se rencontrent au Canada. La sous-espèce aster vole à Terre-Neuve. La sous-espèce empetri, décrite de Baddeck, en Nouvelle-Écosse, se rencontre dans toutes les provinces Maritimes.La sous-espèce scudderii occupe la plupart des autres régions où l'espèce est présente au Canada, sauf l'ouest du pays. La sous-espèce ferniensis est présente dans le sud de la portion intérieure de la Colombie-Britannique. La sous-espèce anna se rencontre sur la côte Ouest et dans l'île de Vancouver.La sous-espèce alaskensis vole dans le nord de la Colombie-Britannique et au Yukon. Les marques en dessous des ailes sont beaucoup plus grandes et plus distinctes chez la sous-espèce empetri que chez les autres sous-espèces. Les adultes des sous-espèces empetri et aster sont plus petits que ceux des sous-espèces de l'Ouest et se nourrissent à l'état larvaire sur des éricacées, et non des fabacées.

Répartition géographique : Présent dans toutes les provinces et tous les territoires, le Lycaeidesidas se rencontre depuis le sud de la Nouvelle-Écosse jusqu'à Hopedale au Labrador, à Churchill au Manitoba, à l'île Herschel au Yukon et à Tuktoyuktuk dans les Territoires du Nord-Ouest, vers le nord.Au Québec, il est absent au sud du 47° N, et en Ontario, au sud d'environ le 48° N. Il se rencontre également dans le nord de l'Europe et en Asie.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : En dessous, le bleu mélissa (L. melissa) se distingue par sa bande orange plus continue près du bord externe de l'aile postérieure. [images comparatives]

Stades immatures : Le bleu nordique hiberne au stade d'oeuf. Les oeufs, vert-gris, sont déposés individuellement sur les plantes hôtes ou au pied de ces dernières. On sait peu de choses sur la chenille en Amérique du Nord, si ce n'est qu'elle est verte ou brunâtre avec une bande sombre sur les côtés (Pyle, 1981). Dans l'est du pays et probablement au Manitoba, elle se nourrit sur la camarine noire (Empetrum nigrum), en particulier dans les Maritimes, et sur l'airelle gazonnante (Vaccinium caespitosum), le thé du Labrador (Ledum groenlandicum) et le kalmia à feuilles étroites (Kalmia angustifolia); plus à l'ouest, elle se nourrit sur diverses fabacées, dont diverses espèces des genres Astragalus, Lathyrus et Lupinus.

La description de cette image suit.
Bleu nordique (Lycaeides idas scudderi).
Churchill, Man. J.T. Troubridge

Abondance : Le bleu nordique est souvent abondant.

Période de vol : Le bleu nordique vole de la fin de juin (Prairies) à la fin d'août.

Comportement et habitat : Dans les Maritimes, le bleu nordique est plus commun sur les promontoires côtiers où la camarine noire est souvent un élément important de la flore et, au moins dans le sud de l'île du Cap-Breton, dans des tourbières où la camarine est souvent presque complètement étouffée par la sphaigne. Dans ces deux habitats, il vole dès 8 h, même en présence d'un brouillard dense. Plus à l'intérieur des terres, il se rencontre dans d'autres habitats et utilise d'autres plantes hôtes. Au nord de Chibougamau, au Québec, une importante colonie a été découverte dans un terrain de camping abandonné envahi par un peuplement dense de kalmia à feuilles étroites. Dans les Prairies, le bleu nordique est habituellement observé dans des forêts de conifères, en terrain sablonneux.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.