Bleu mélissa (Lycaeides melissa) (W.H. Edwards, 1873)

Description : Le mâle a le dessus des ailes bleu lilas pâle, étroitement marginé de noir. Chez la femelle, les ailes sont brun foncé sur le dessus, avec une rangée plus ou moins continue de taches orange près du bord de l'aile postérieure. En dessous, les ailes sont gris pâle, avec une rangée marginale de taches noires pupillées de bleu et coiffées d'orange et de noir; une fine ligne noire s'étend entre la rangée de taches noires et le bord de l'aile postérieure. Envergure : 18 à 28 mm.

Sous-espèces : Deux des cinq sous-espèces décrites se rencontrent au Canada. La sous-espèce nominale melissa est présente partout dans l'ouest du pays, tandis que la sous-espèce samuelis (connue en anglais sous le nom de Karner Blue) vole ou volait dans le sud-ouest de l'Ontario.

Répartition géographique : Le Lycaeides melissa se rencontre dans la plupart des régions de l'ouest des États-Unis. Au Canada, il est présent dans les provinces des Prairies, au nord jusqu'à la forêt provinciale Porcupine au Manitoba et Valleyfield en Alberta, ainsi que dans le sud de la Colombie-Britannique. On le trouve également dans une étroite bande de territoire qui se prolonge tout juste au sud de la frontière canado-américaine jusqu'à la côte Est, ainsi que dans l'extrême sud-ouest de l'Ontario.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Le bleu nordique (L. idas). Les aires des deux espèces se chevauchent seulement dans l'Ouest. [images comparatives]

Stades immatures : Les oeufs sont habituellement déposés sur la portion inférieure des tiges des plantes hôtes ou dans la litière, au pied de ces dernières. Les chenilles se nourrissent des feuilles et des fleurs et sont prises en charge par les fourmis. Elles sont vertes, avec une bande vert plus foncé sur le dos et une bande pâle sur les côtés, et couvertes d'une courte pubescence. À l'état larvaire, la sous-espèce samuelis se nourrit sur le lupin vivace (Lupinus perennis), tandis que la sous-espèce melissa est associée à plusieurs espèces de lupins (Lupinus  spp.) et à d'autres fabacées, dont certaines espèces non indigènes. Dans l'Est, le bleu mélissa hiberne sous forme d'oeuf ou de chenille néonate.

Abondance : Le bleu mélissa est très rare et réparti en colonies isolées dans le sud-ouest de l'Ontario, et il y a même tout lieu de craindre qu'il soit disparu de cette région. Il est peu commun au Manitoba, mais commun dans le sud de la Saskatchewan et plus à l'ouest. Des études visant à examiner la faisabilité de réintroduire la sous-espèce samuelis dans le parc provincial Pinery, en Ontario, sont en cours.

Période de vol : Dans les Prairies, le bleu mélissa produit deux générations par année, rarement trois, et vole du milieu de mai au début d'octobre; en Ontario, deux générations se succèdent chaque année, et les adultes se rencontrent du début de juin au milieu d'août.

Comportement et habitat : Dans l'Ouest, le bleu mélissa se rencontre dans les prairies ouvertes indigènes et les arbustaies à armoise, parfois en bordure de forêts sèches et dans les clairières; dans l'Est, il est (ou était) confiné aux pinèdes sèches clairsemées à sol sablonneux.

Observations : Dans une bonne part des régions comprises dans l'est de son aire, le L. melissasamuelis est en danger de disparition ou disparu. En bien des endroits, les lupins dont il se nourrit à l'état larvaire sont également disparus ou très rares. Le papillon n'a pas été vu dans le sud-ouest de l'Ontario depuis 1991. D'autres anciennes colonies connues de London et de Toronto sont disparues il y a de nombreuses années.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.