Grande vanesse (Nymphalis vaualbum) (Denis & Schiffermüller, 1775)

Description : Ce papillon d'une beauté raffinée est l'une des plus grandes espèces de la sous-famille (envergure : 52 à 70 mm). Bien qu'il ressemble aux polygones, il se reconnaît facilement en vol à sa taille plus grande et à la riche coloration brun rouille du dessus de ses ailes. La base des ailes est brun foncé. Une fine bande submarginale foncée bordée intérieurement de taches dorées souligne le bord irrégulier des ailes. Le dessus de l'aile postérieure est orné d'une grande tache noire flanquée de blanc du côté externe. En dessous, les ailes sont marbrées de gris et de brun, avec un petit « V » blanc au centre de l'aile postérieure. Cette petite macule correspond à la tache en forme de virgule des polygones.

Sous-espèces : La sous-espèce nominale se rencontre en Eurasie. La sous-espèce j-album vole au Canada. Les populations de l'Ouest ont été assimilées à la sous-espèce watsoni, mais cette dernière diffère si peu de la sous-espèce j-album qu'elle n'est plus considérée comme valide.

Répartition géographique : La grande vanesse est répandue dans tout l'hémisphère Nord. En Amérique du Nord, elle se rencontre dans le nord des États-Unis et partout au Canada au sud de la toundra. Elle s'aventure régulièrement hors de son aire et a été observée, vers le sud, jusqu'en Californie et en Floride et, vers le nord, jusqu'au Nunavut, au lac Baker, au-delà de la limite des arbres.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Le Nymphalis californica est plus petit et n'a pas de marque blanche en dessous de l'aile postérieure. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est vert pâle, mouchetée, avec des épines ramifiées noires. Elle a des épines sur la tête, comme celles des polygones (voir la discussion portant sur ce point à la section traitant de la systématique des papillons diurnes); sur le milieu du dos, la rangée d'épines débute sur le premier segment abdominal. À l'état larvaire, la grande vanesse se nourrit sur diverses espèces de saules (Salix spp.), de bouleaux (Betula spp.) et de peupliers (Populus spp.).

Abondance : Bien que la grande vanesse ne soit habituellement pas commune, elle peut soudainement apparaître en grand nombre certaines années. Elle forme parfois des attroupements sur le sol humide.

Période de vol : De toutes les espèces de papillons diurnes présentes au Canada, c'est probablement la grande vanesse qui vit le plus longtemps à l'âge adulte. Les adultes de l'unique génération émergent en juillet ou en août, hibernent et volent jusqu'en juin l'année suivante.

Comportement et habitat : Dans les régions du Bouclier précambrien, la grande vanesse est une autre espèce forestière qui est fréquemment trouvée dans les chalets. Elle hiberne dans les creux d'arbre, sous les avant-toits, dans les garages, les remises et les chalets. Certaines années, elle peut être rare, voire complètement absente d'une région où elle se rencontrait en abondance quelques années plus tôt.

Observations : Même si sa présence y est inusitée, la grande vanesse s'aventure parfois dans les villes, comme cet individu aperçu volant à proximité des immeubles du Parlement, dans le centre-ville d'Ottawa. La grande vanesse doit son nom anglais (Compton tortoiseshell) à Philip Henry Gosse, célèbre naturaliste anglais qui a étudiés on histoire naturelle au milieu du XIXe siècle, alors qu'il demeurait dans la ville de Compton, dans les Cantons de l'Est, au Québec.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.