Nordique à nervures blanches (Oeneis bore) (Schneider, 1792)

Description : Le dessus des ailes est brun grisâtre terne, légèrement translucide; les femelles ont souvent le dessus des ailes fauve. Il n'y a pas d'ocelles, mais l'aile postérieure porte souvent une rangée de taches diffuses chamois pâle entre les nervures. Chez le mâle, le centre de l'aile antérieure est marqué d'une tache androconiale diffuse gris foncé. En dessous, l'aile postérieure est traversée d'une bande médiane plus foncée, bien visible, finement lisérée de part et d'autre de brun foncé; la portion basale et le tiers externe de l'aile est plus pâle, en particulier la zone adjacente àla bande médiane, qui est gris pâle. En dessous, l'aile antérieure est ornée près du milieu d'une ou de deux lignes brun foncé qui correspondent aux bordures interne et externe de la bande médiane de l'aile postérieure. En dessous de l'aile postérieure, les nervures sont habituellement sur lignées de blanc, du moins à leur point d'intersection avec la bande médiane. Envergure : 37 à 49 mm.

Sous-espèces : La sous-espèce nominale vit dans le nord de la Fennoscandie. En Amérique du Nord, six sous-espèces relativement peu différenciées ont été décrites. Trois d'entre elles se rencontrent au Canada. Chez la sous-espèce taygete, du Labrador et du nord du Québec, le dessus des ailes est brun jaunâtre, et les nervures blanches en dessous de l'aile postérieure sont bien visibles et contrastées. Chez la sous-espèce gaspeensis, qui vole sur le mont Albert en Gaspésie, le dessus des ailes est en général un peu plus foncé, mais les nervures en dessous de l'aile postérieure sont moins contrastées. Chez la sous-espèce hanburyi, qui se rencontre dans l'Ouest, la coloration du dessus des ailes est très variable, et les nervures en dessous de l'aile postérieure sont moins contrastées que chez la sous-espèce taygete.

Répartition géographique : L'Oeneis bore se rencontre en Laponie et dans le nord de la Russie. En Amérique du Nord, il est présent dans toute la région arctique, du Labrador et du nord du Québec jusqu'au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest, y compris dans l'île Victoria, et dans le nord de la Colombie-Britannique, les Rocheuses de la Colombie-Britannique et de l'Alberta, au Yukon et en Alaska. Il forme des colonies isolées près de Labrador City, au Labrador, de même qu'en Gaspésie au Québec, dans l'ouest de l'Alberta et dans les États des Rocheuses aux États-Unis.

Espèces semblables : Chez le nordique mélissa (O. melissa) et le nordique alpin(O. polixenes), le dessous de l'aile antérieure n'est pas marqué près du milieu deligne(s) transversale(s) foncée(s), les nervures en dessous de l'aile postérieure ne sont pas sur lignées de blanc et, chez les mâles, l'aile antérieure, sur le dessus, ne porte pas de tache androconiale foncée (cette tache est habituellement présente chez l'O. bore).
[images comparatives]

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Nordique à nervures blanches (Oeneis bore), chenille. J.T. Troubridge

Stades immatures : La chenille est brun pâle, avec une bande brune sur le dos et des lignes blanches, brun rougeâtre et brun foncé sur les côtés. Elle se nourrit de carex, dontle carex fuligineux (Carex misandra). À Churchill, au Manitoba, des pontes ontcependant été observées sur des feuilles mortes de trois graminées, à savoir la fétuque rouge (Festuca mibra), la fétuque à feuilles courtes (F. brachyphylla) et la fétuque vivipare (F. vivipara) (Scott, 1986).

Abondance : Dans les régions subarctiques du Canada et de l'Alaska, l'O. bore est le nordique le plus commun dans les habitats de toundra ouverte.

Période de vol : L'O. bore vole du milieu de juin à la fin de juillet, chaque année dans la plupart des régions, mais seulement les années paires à Churchill. Les colonies établies près de Labrador City ont été découvertes en 1991. On ignore si les adultes y volent tous les ans, mais on sait que la plupart des espèces bisannuelles volent seulement les années paires au Labrador.

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Nordique à nervures blanches
(Oeneis bore hanburyi).
Churchill, Man. J.T. Troubridge

 

Comportement et habitat : Le nordique à nervures blanches se rencontre dans la toundra arctique et alpine, habituellement dans des milieux humides parsemés de monticules, mais parfois dans des habitats rocheux et parmi des talus sablonneux et graveleux à proximité de zones de toundra herbeuse humide.

Observations : Selon certains auteurs, la sous-espèce taygete pourrait être une espèce distincte de l'O. bore de l'Eurasie et du nord-ouest de l'Amérique du Nord. Les deux principaux critères sous-tendant cette hypothèse sont l'aspect contrasté des nervures blanches en dessous de l'aile postérieure et la moindre visibilité de la tache androconiale sur le dessus de l'aile antérieure des mâles. Dans l'Est, la plupart des individus ont les nervures blanches, mais pas tous. Tant dans l'est que dans l'ouest du pays, des populations comprenant des individus à nervures blanches, des individus à nervures non blanches et des formes intermédiaires et montrant une grande variabilité dans l'intensité de la tache androconiale sur l'aile antérieure ont été découvertes. Les nervures blanches semblent une caractéristique de l'Oeneis bore taygete qui donne lieuà un grand nombre de formes intermédiaires dans l'Ouest. De plus amples recherches devront être effectuées pour trancher la question.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.