Nordique orangé (Oeneis chryxus) (Doubleday, 1849)

Description : Le dessus des ailes est brun orangé brillant, avec le bord et la base un peu plus foncés. L'aile antérieure porte deux à quatre ocelles noirs, tandis que l'aile postérieure est unie ou marquée d'un ou de deux ocelles près de l'angle anal. Ces ocelles sont répétés en dessous des ailes et parfois pupillés de blanc. Chez le mâle, l'aile antérieure est marquée près de la costa d'une tache androconiale grisâtre foncé qui couvre parfois la moitié externe de l'aile. En dessous, l'aile postérieure est grossière mentstriée de brun foncé et de gris très pâle, et parfois traversée d'une bande médiane plus foncée diffuse; les nervures sont habituellement surlignées de gris pâle. Envergure : 39 à 54 mm.

Sous-espèces : Quatre des six sous-espèces reconnues se rencontrent au Canada. La sous-espèce nominale chryxus vole dans les montagnes de l'ouest de l'Alberta et du sud de la Colombie-Britannique. La sous-espèce caryi, reconnaissable à sa bande médiane très contrastée et lisérée de blanc en dessous de l'aile postérieure, se rencontre dans la zone boréale de l'Alberta, de la Colombie-Britannique, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest. La sous-espèce strigulosa, connue du sud et de l'est de l'Ontario et du sud-ouest du Québec, est petite et brillamment colorée. La sous-espèce calais, qui occupe le reste de l'aire de l'espèce au Canada, est plus grande et plus terne, avec la base des ailes foncée.

Répartition géographique : L'Oeneis chryxus se rencontre de la Gaspésie, au Québec, jusqu'en Colombie-Britannique, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest. Il est absent des provinces de l'Atlantique, du sud-ouest de l'Ontario, des Prairies et de la côte Ouest. Dans l'Ouest, son aire s'étend vers le sud dans les montagnes depuis l'Alaska et le Yukon jusqu'en Californie et au Nouveau-Mexique.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : L'O. nevadensis et l'O. macounii. L'O. uhleri et l'O. alberta ont le dessus des ailes jaunâtre ou brun grisâtre terne, et l'O. uhleri a plus d'ocelles sur l'aile postérieure. L'O. alpina a la portion basale des ailes beaucoup plus foncée et présente habituellement deux ocelles sur l'aile postérieure, contrairement à l'O. chryxus dans le nord du Canada. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est havane, avec une bande havane sur le dos et des bandes brunâtres et havane séparées par des zones blanches sur les côtés. Le corps est couvert d'une pubescence rougeâtre, et la tête est brun jaunâtre avec six bandes brunes sur le dessus. Le nordique orangé a été élevé avec succès sur la danthonie à épi (Danthonia spicata) en Ontario et accepte d'autres graminées en captivité (Scott, 1986).

Abondance : Le nordique orangé est commun, mais il forme habituellement des colonies extrêmement localisées.

Période de vol : Le nordique orangé vole de la mi-mai à la mi-juin dans l'est de l'Ontario et le sud du Québec, et de la mi-juin à la mi-juillet plus au nord. Il vole uniquement les années paires au Manitoba, mais tous les ans dans l'est du pays.

Comportement et habitat : Le nordique orangé se rencontre dans les milieux herbeux secs, les pinèdes clairsemées, les lisières de forêt et dans la toundra arctique et alpine dans l'Ouest. La sous-espèce strigulosa est habituellement confinée aux habitats sablonneux dégagés et aux zones d'affleurement calcaire ou granitique, tandis que la sous-espèce calais se rencontre généralement, du moins dans le nord du Québec, à l'intérieur ou autour des tourbières.

Observations : Le nordique orangé a un vol très puissant et est extrêmement méfiant et difficile à approcher. Lorsqu'il se pose subitement sur une pierre couverte de lichens, il se rend presque invisible en inclinant les ailes de côté afin de réduire son ombre portée.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.