Nordique mélissa (Oeneis melissa) (Fabricius, 1775)

Description : Le dessus des ailes est gris noirâtre terne et translucide, en particulier l'aile antérieure, si bien que les marques pâles du dessous des ailes transparaissent sur le dessus. Il n'y a habituellement pas d'ocelles (sauf parfois un petit en dessous de l'aile antérieure). Le dessous de l'aile postérieure est fortement marbré de noir et de gris pâle, avec un peu plus de noir sur la bande médiane; cette bande, cependant, est habituellement seulement un peu plus foncée que le tiers externe de l'aile, et souvent à peine plus foncée que le tiers basal. Envergure : 34 à 50 mm.

Sous-espèces : Cinq des sept sous-espèces décrites en Amérique du Nord se rencontrent au Canada. La sous-espèce nominale melissa, qui vole à Terre-Neuve et sur la côte du Labrador, est décrite au paragraphe précédent. Chez la sous-espèce semplei, du Québec, de la portion intérieure du Labrador et de la baie d'Hudson, le dessus des ailes est faiblement teinté de brun-orange. La sous-espèce assimilis, du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest, est plus foncée, noirâtre. Chez la sous-espèce gibsoni, de l'Alaska, du Yukon et de l'extrême nord de la Colombie-Britannique, la bande médiane est plus contrastée. Chez la sous-espèce beanii, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, le dessus des ailes est gris noirâtre uni, et la bande médiane en dessous des ailes est indistincte.

Répartition géographique : L'Oeneis melissa se rencontre du Labrador et du nord du Québec, autour des rives de la baie d'Hudson, jusqu'au Yukon et en Alaska, en passant par le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest, y compris la portion sud de l'Archipel arctique. Dans les montagnes de l'Ouest, il se rencontre vers le sud jusque dans le sud de la Colombie-Britannique et le sud-ouest de l'Alberta. Il forme des colonies isolées près de Labrador City et dans les régions limitrophes du Québec, de même qu'en Gaspésie, au New Hampshire et dans les États des Rocheuses.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Le nordique à nervures blanches (O. bore). Chez le nordique alpin (O. polixenes), le dessus des ailes est plus jaunâtre ou brun-orange, et la bande médiane en dessous de l'aile postérieure est foncée et contrastée. Le tiers basal et le tiers externe plus pâles sont gris pâle et finement striés de noir chez le nordique alpin, et non marbrés comme chez le nordique mélissa. Dans certains cas, il faut examiner les genitalia mâles pour départager l'O. melissa de l'O. polixenes. [images comparatives]

La description de cette image suit.
Nordique mélissa (Oeneis melissa), chenille. J.T. Troubridge

Stades immatures : La chenille est de couleur variable, brun rougeâtre à vert sombre, avec des bandes noirâtres, brunes et verdâtres. La tête est brune, avec six bandes noirâtres. À l'état larvaire, le nordique des tourbières se nourrit sur le carex de Bigelow (Carex bigelowii) et le carex des rochers (C. rupestris). En captivité, il accepte des graminées et d'autres cypéracées (Scott, 1986).

Abondance : Le nordique mélissa est souvent commun à abondant.

Période de vol : Le nordique mélissa vole du milieu de juin au début d'août. Bien qu'il soit une espèce bisannuelle, il vole chaque année dans la plupart des régions.

Comportement et habitat : L'O. melissa est habituellement observé dans la toundra arctique et alpine sèche, le plus souvent sur des pentes graveleuses, à faible altitude, et parmi les crêtes rocheuses et les talus d'éboulis dans les montagnes. Les mâles se perchent sur les roches et viennent au-devant de tous les papillons qui s'aventurent dans leur territoire. Sur le sommet du mont Smokey, près de Labrador City, RAL a observé plusieurs combats aériens entre des mâles de cette espèce et des belles dames usées (Vanessa cardui).

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Nordique mélissa (Oeneis melissa semplei). Churchill, Man. J.T. Troubridge

Observations : JDL a observé cette espèce sur une crête rocheuse près du col Windy, dans les monts Ogilvie, au Yukon, à un point de jonction entre une zone de roche acide foncée et une zone de calcaire dolomitique gris pâle. À cet endroit, l'O. melissa présentait deux formes assorties aux teintes gris foncé et gris pâle des deux masses de roche. Chacune de ces formes se rencontrait exclusivement dans la zone de roche correspondant à sa coloration et ne s'aventurait jamais dans le territoire de l'autre, même lorsqu'elle était dérangée.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.