Papilio glaucus (Linnaeus, 1758)

Description : Le Papilio glaucus est probablement la première espèce de papillon diurne d'Amérique du Nord décrite par les Européens. Elle a été illustrée par John White, un des premiers colons à s'établir en Virginie. Les ailes sont jaunes, avec de larges bandes noires contrastées. Le bord interne de l'aile postérieure est souligné par une étroite bande noire. La forme femelle noire à bandes légèrement plus foncées est rare dans le sud de l'Ontario; c'est à la pointe Pelée qu'elle y est le plus souvent observée. Envergure : 75 à 100 mm.

Sous-espèces : Depuis que le papillon tigré du Canada (P. canadensis) est considéré comme une espèce distincte, seule la sous-espèce nominale se rencontre au Canada.

Répartition géographique : Le P. glaucus est répandu dans tout l'est des États-Unis. Au Canada, il se rencontre seulement dans le sud de l'Ontario, au nord jusqu'à la péninsule Bruce, les lacs Rideau et le comté de Grenville, dans l'est de la province. Les mentions faisant état de sa présence en Nouvelle-Écosse résultent d'une erreur d'étiquetage intéressant plusieurs spécimens de la Collection nationale canadienne, à Ottawa. Ces spécimens ont émergé à Truro, mais les chrysalides provenaient de l'Illinois.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Au Canada, la seule espèce avec laquelle le P. glaucus peut être confondu est le papillon tigré du Canada (P. canadensis), qui lui est étroitement apparenté. Le P. glaucus s'en distingue par l'étroitesse de la bande noire qui souligne le bord interne de son aile postérieure, la rangée marginale de taches jaunes en dessous de son aile antérieure, et sa taille généralement plus grande. Chez le P. canadensis, la rangée marginale de taches forme une bande continue. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est semblable à celle du P. canadensis;. Elle se nourrit sur le tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera) et d'autres essences plus méridionales comme le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata), qui pousse dans le sud de l'Ontario. Elle se rencontre également sur certaines des essences utilisées par le P. canadensis, comme les cerisiers (Prunus spp.) et les frênes (Fraxinus spp.).

La description de cette image suit.
Papilio glaucus glaucus,
chenille. J. Cossey

Abondance : Le P. glaucus est peu commun dans la majeure partie de son aire en Ontario, sauf dans le sud-ouest de la province.

Période de vol : Ce porte-queue produit deux générations dans la portion septentrionale de son aire. La première génération émerge en mai en Ontario, tandis que la deuxième génération vole régulièrement jusqu'à la fin d'août. Un individu a été observé à la mi-octobre à la pointe Pelée (Wormington, 1983).

Comportement et habitat : Le P. glaucus se rencontre principalement en forêt, bien qu'il s'aventure régulièrement dans les champs et sur le bord des routes. Comme le papillon tigré du Canada, il forme souvent des attroupements autour des mares de boue.

La description de cette image suit.
Papilio glaucus glaucus femelle.
Cté Elgin, Ont. J. Cossey

Observations : Dans les quelques régions de l'Ontario où leurs aires se chevauchent, le P. glaucus et le P. canadensis semblent s'hybrider, comme ils le font au Michigan. Dans la Collection nationale canadienne, les spécimens capturés au printemps à Perth Road, dans l'est de l'Ontario, présentent les caractéristiques du P. canadensis, mais ceux capturés à la fin de juillet ressemblent à des P. glaucus. En Ontario, le P. glaucus pourrait présenter une forme printanière semblable au P. canadensis (voir l'analyse dans Hagen et al., 1991).

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.