Papillon du céleri (Papilio polyxenes) (Fabricius, 1775)

Description : Le dessus des ailes est noir, avec une rangée de taches submarginales jaunes. L'aile postérieure est ornée d'une bande submarginale bleue et d'une rangée marginale de croissants jaunes. Chez la femelle, les taches submarginales sont beaucoup plus petites ou absentes, mais la bande submarginale bleue est plus étendue. Avec leurs ailes noires maculées de bleu, les femelles semblent imiter le Battus philenor. L'aile postérieure est marquée d'un ocelle orange pupillé de noir près de la queue. Envergure : 52 à 94 mm.

Sous-espèces : Seule la sous-espèce asterius est présente au Canada.

Répartition géographique : Le Papilio polyxenes vole dans la plupart des régions de l'est des États-Unis et, vers le sud, jusqu'en Amérique du Sud. Plusieurs sous-espèces ont été décrites à l'échelle de son aire. Au Canada, il se rencontre dans trois régions distinctes. Dans l'Ouest, il est présent dans le sud du Manitoba (une mention en Saskatchewan) et le nord-ouest de l'Ontario, dans la région du lac des Bois (trois mentions isolées sur la rive nord du lac Supérieur). Il est commun dans le sud de l'Ontario et du Québec. Il vole également dans toutes les provinces Maritimes, à l'exception de Terre-Neuve, où sa présence n'a jamais été confirmée même si elle a déjà été signalée par erreur dans la littérature.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Dans la plupart des régions de l'est du Canada, le papillon du céleri se reconnaît facilement à ses ailes en majeure partie noires et à la tache orange pupillée de noir ornant le coin inférieur de son aile postérieure. Son identification soulève cependant certaines difficultés dans l'est de la région des Grandes Plaines, où il s'hybride avec le P. machaon, et dans les provinces Maritimes, où son aire rejoint presque celle du P. brevicauda; voir les analyses sous ces espèces. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est verte, annelée de noir. La bande noire qui orne chaque segment contient des taches orange ou jaunes. La chrysalide peut être brune ou verte. À l'état larvaire, le papillon du céleri se nourrit sur diverses plantes de la famille du persil (Apiacées = Ombellifères), dont la carotte sauvage et cultivée (Daucus carota), le persil, l'aneth et le céleri.

Abondance : Le papillon du céleri est passablement commun dans la plupart des régions du sud del'Ontario et du Québec, en particulier dans les terres agricoles en friche où ses plantes hôtes poussentà l'état sauvage. Il est généralement moins commun à mesure qu'on s'approche des limites de sonaire, dans l'est des Grandes Plaines et dans les Maritimes.

Période de vol : Le papillon du céleri produit deux générations par année. Dans la plupart des régions canadiennes où il est présent, la première génération émerge entre le milieu et la fin de mai, après avoir hiberné au stade nymphal, et vole jusqu'à la fin de juin. La deuxième génération émerge vers le milieu de juillet et vole durant tout le mois d'août.

Comportement et habitat : Ce beau porte-queue s'aventure fréquemment dans les jardins, les potagers et les terrains vagues adjacents à la recherche des plantes dont il se nourrit à l'état larvaire ou des fleurs dont il est particulièrement friand à l'âge adulte. Dans les régions plus sauvages, il est habituellement observé à proximité des prés humides et se désaltère parfois sur le sable humide.

Observations : Au Manitoba et en Saskatchewan, le papillon du céleri semble s'hybrider assez régulièrement avec le P. machaon, avec lequel il est étroitement apparenté. Autrefois considérés commeune espèce distincte (P. kahli), les individus foncés issus de ce croisement (planche 4, figure 14) sont répandus au Manitoba, mais peu communs. À l'état larvaire, ces hybrides se nourrissent sur la zizia des marais (Zizia aptera) (Klassen et al., 1989).

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.