Papillon queue-courte (Papilio brevicauda) (Saunders, 1869)

Description : Porte-queue de taille moyenne (envergure : 57 à 73 mm), le Papilio brevicauda a les ailes noires et arrondies, avec deux rangées de taches jaunes souvent lavées d'orange. L'aile postérieure est ornée d'une tache arrondie rouge-orange pupillée de noir. Comme l'indique le nom vernaculaire de l'espèce, les queues sont généralement assez courtes.

Sous-espèces : Trois sous-espèces ont été décrites. Ces sous-espèces ne sont toutefois pas clairement départagées et déterminent plutôt un cline d'est en ouest. La sous-espèce brevicauda, présente à Terre-Neuve et dans l'île d'Anticosti, se reconnaît à ses taches jaunes fortement lavées d'orange sur le dessus des ailes. La sous-espèce bretonensis se rencontre dans l'île du Cap-Breton et le long de la rive nord du Nouveau-Brunswick. La sous-espèce gaspeensis, du Québec, présente les taches les moins orangées.

Répartition géographique : Le papillon queue-courte se rencontre uniquement dans les provinces Maritimes et dans les régions du Québec situées autour du golfe du Saint-Laurent, jusqu'à Saint-Fulgence vers l'ouest. Jugée douteuse pendant de nombreuses années, la mention de la présence du papillon queue-courte à Cartwright, au Labrador, a récemment été confirmée par deux sources. Une autre mention, cette fois de Northwest River Post, au Labrador, s'est ajoutée depuis. Le P. brevicauda n'a jamais été observé dans l'île du Prince-édouard, même s'il se rencontre fréquemment à proximité sur la côte du Nouveau-Brunswick.


Données sur les collections de spécimens

Espèces semblables : La seule espèce qui lui ressemble dans les régions où il vole est le papillon du céleri (P. polyxenes). Le papillon queue-courte se reconnaît généralement à ses ailes plus courtes et moins pointues, à ses queues plus courtes et à ses bandes de taches jaunes souvent voilées d'orange. Même si les deux espèces volent ensemble dans l'île du Cap-Breton, Ferguson (1954) n'y aobservé que peu d'hybrides. [images comparatives]

La description de cette image suit.
Papillon queue-courte (Papilio
brevicauda bretonensis
), chenille.
W. Lukey

Stades immatures : La jeune chenille, brune avec une tache blanche en forme de selle sur le dos, ressemble à une déjection d'oiseaux et offre un bon exemple de coloration cryptique. La chenille plus âgée, verte avec des bandes noires percées de taches jaunes sur le dos, est généralement plus pâle que celle du papillon du céleri (P. polyxenes). La chrysalide peut être verte ou brune, mais la forme verte domine. Les plantes hôtes incluent diverses espèces de la famille du persil (Apiacées), dont des berces (Heracleum spp.), l'angélique pourpre (Angelica atropurpurea) et la livêche d'écosse (Ligusticum scothicum).

Abondance : Le papillon queue-courte est répandu et fréquemment observé à Terre-Neuve, en particulier dans les jardins aménagés à proximité de colonies de ses plantes hôtes. Ailleurs, il est généralement peu commun et distribué en populations localisées.

Période de vol : Dans la majeure partie de son aire, le papillon queue-courte vole du milieu de juin à la fin de juillet.

Comportement et habitat : Outre les jardins, ce papillon fréquente les habitats côtiers, où on peut le voir survoler les falaises herbeuses et les plages rocheuses. Il se rencontre également plus à l'intérieur des terres dans les prés et les régions montagneuses situées près de la limite des arbres, comme les pentes du mont Albert en Gaspésie, et même au-delà de la limite des arbres, comme lesommet du mont Gros Morne à Terre-Neuve.

La description de cette image suit.
Papillon queue-courte (Papilio brevicauda
bretonensis
). Marais salé de la
rivière Peter, Bathurst, N.-B.A.W. Thomas

Observations : Le P. brevicauda a déjà été traité comme une sous-espèce du P. polyxenes. Des analyses moléculaires récentes réalisées par Felix Sperling ont révélé qu'il est étroitement apparenté au machaon (P. machaon), et certains auteurs (Tyler et al., 1994) en ont même fait une sous-espècede ce dernier.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.