Croissant perlé (Phyciodes tharos) (Drury, 1773)

Description : Ce petit papillon (envergure : 21 à 34 mm) a le dessus des ailes orange brillant, avec de grandes taches noires. Il est cependant très variable et peut être confondu avec plusieurs autres espèces qui lui sont étroitement apparentées. Sur le dessus, les plages orange traversées de fines lignes noires sont caractéristiques. Les femelles sont généralement plus grandes et plus foncées. En dessous, le bord externe de l'aile postérieure est marqué d'une grande tache foncée contenant un croissant argenté. Dans l'est des États-Unis et de l'aire de l'espèce au Canada, les massues antennaires des mâles et de la plupart des femelles sont rondes et noires et blanches, comme chez le croissant fauve (P. batesii). Dans les Prairies, les massues antennaires sont habituellement allongées, avec l'apex orange, comme chez le croissant nordique (P. cocyta); dans cette région, le P. tharos se reconnaît à ses motifs réticulés plus complets sur les ailes et à l'aspect souvent légèrement festonné du bord de ses ailes.

Répartition géographique : Le Phyciodes tharos est reconnu comme une espèce distincte du croissant nordique (P. cocyta) depuis quelques années seulement. Depuis, une certaine confusion règne concernant les limites des aires des deux espèces. Toutefois, le croissant perlé est principalement une espèce de l'est des États-Unis. Au Canada, il se rencontre dans le sud de l'Ontario, jusqu'à l'île Manitoulin au nord. Au Québec, il a été observé quatre fois dans la région d'Aylmer, à l'ouest d'Ottawa. Il est également présent dans le sud des Prairies, au nord jusqu'au mont Riding au Manitoba et à Batoche en Saskatchewan, et vers l'ouest jusque dans le sud-est de l'Alberta.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Chez le croissant nordique (P. cocyta), très semblable, le dessus de l'aile postérieure présente de grandes plages orange sans marques. Chez le croissant fauve (P. batesii), plus sombre, le réseau de taches en damier est plus accentué, et le dessus de l'aile antérieure est marqué d'une bande orange pâle chez le mâle. L'identification des femelles est plus difficile et s'effectue généralement par association avec des mâles provenant de la même colonie. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille mature est brun foncé, avec des épines brunes et une bande jaune sur les côtés. Elle se nourrit sur diverses espèces d'asters (Aster spp.), dont l'aster ciliolé (Aster ciliolatus) dans la région d'Ottawa (Catling, 1997).

Abondance : Le croissant perlé est commun dans l'est des États-Unis, mais il l'est beaucoup moins que le croissant nordique (P. cocyta) dans la plupart des régions où il se rencontre au Canada.

Période de vol : Dans les Prairies, le croissant perlé produit deux générations par année. La première génération commence à émerger à la fin de mai mais atteint son abondance maximale en juin. La deuxième génération vole en août. En Ontario, le croissant perlé est observé en faible nombre en mai et à la fin de septembre. La deuxième génération, beaucoup plus abondante, vole à la fin de juillet et au début d'août, après le P. cocyta, qui vole en juin et au début de juillet.

Comportement et habitat : Ce petit papillon orange est souvent très abondant dans les champs ouverts. Il visite régulièrement les fleurs et se pose souvent autour des mares boueuses pour se désaltérer. Au Canada, le croissant perlé fréquente des habitats plus secs que le P. cocyta; dans les Prairies, il est associé à des milieux très secs (badlands, sommets de colline, etc.).

Observations : La femelle du P. cocyta possède un réseau de taches noires plus étendu que le mâle et ressemble au mâle du P. tharos. À notre avis, un certain nombre de mentions erronées faisant état de la présence du P. tharos dans certaines régions, notamment dans le nord et le centre de l'Ontario, résulteraient d'une confusion entre ces deux espèces. Des travaux réalisés sur le terrain en Ontario par Alan Wormington laissent croire que le P. tharos pourrait englober deux espèces. Une forme caractérisée par des massues antennaires à apex orange, des bordures foncées plus larges et un réseau de dessins réticulés moins accentué est fréquemment observée dans le sud de l'Ontario, après la période de vol du P. cocyta, mais avant l'émergence de la deuxième génération du P. tharos. S'il est déjà établi que le P. tharos produit des formes à massue antennaire ronde et noire et des formes à massue antennaire allongée à apex orange, c'est la première fois qu'on évoque la possibilité que ces deux formes soient des espèces distinctes. Des analyses moléculaires et un examen de spécimens provenant d'autres régions ont été entrepris afin de vérifier cette hypothèse.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.