Piéride des crucifères (Pieris oleracea) (Harris, 1829)

Description : La piéride des crucifères a le dessus des ailes blanc crayeux, sauf la base des ailes et la costa et l'extrémité de l'aile antérieure, qui sont saupoudrées à divers degrés d'écailles noires. Deux formes saisonnières existent. Chez la forme printanière, l'aile postérieure et la région apicale de l'aile antérieure sont jaune pâle en dessous, et les nervures traversant ces zones sont surlignées d'écailles vert foncé contrasté et sont visibles du dessus. La forme estivale a moins d'écailles noires sur le dessus des ailes et a le dessous des ailes blanc, avec les nervures faiblement ou non surlignées d'écailles foncées. Envergure : 32 à 50 mm.

Sous-espèces : La sous-espèce nominale occupe la majeure partie de l'aire de l'espèce au Canada. La sous-espèce frigida se rencontre au Labrador et dans les régions limitrophes au Québec (baie Bradore); le dessous des ailes est d'un jaune plus brillant, et les nervures sur le dessus des ailes sont surlignées d'écailles foncées chez la femelle.

Répartition géographique : Au Canada, le Pieris oleracea se rencontre de Terre-Neuve jusqu'aux contreforts des Rocheuses en Alberta, dans le nord et le centre de la Colombie-Britannique, à la limite des arbres dans l'ouest des Territoires du Nord-Ouest et à la côte du Nunavut, à Coppermine et Arviat.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : La piéride de Virginie (P. virginiensis) se rencontre avec la forme printanière de la piéride des crucifères dans le sud du Québec et de l'Ontario, mais elle s'en distingue par la bordure d'écailles recouvrant les nervures en dessous de l'aile postérieure, qui est brun-gris et diffuse, non pas vert foncé et bien nette comme chez la piéride des crucifères. Dans les contreforts des Rocheuses et le nord de la Colombie-Britannique, où l'aire du P. oleracea recoupe celle du P. marginalis, cette dernière espèce se reconnaît à ses nervures plus pâles et plus diffuses en dessous et aux marques plus foncées de la femelle. Le P. angelika vole en compagnie du P. oleraceadans l'ouest des Territoires du Nord-Ouest (p. ex. Norman Wells, Aklavik), mais il est de taille plus modeste; en outre, sur le dessus, le mâle a l'extrémité des nervures surlignée d'écailles foncées le long du bord externe des ailes, et la femelle est très foncée. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est verte, avec une ligne blanche ou jaune pâle sur les côtés et de très petites taches noires. Elle se nourrit sur diverses espèces de la famille de la moutarde (Brassicacées), en particulier des arabettes (Arabis spp.) et des dentaires (Dentaria spp.).

La description de cette image suit.

Piéride des crucifères
(Pieris oleracea oleracea).
Churchill, Man. J.T.
Troubridge

Abondance : Bien qu'elle semble avoir été affectée par la perte d'habitats dans de nombreuses régions, la piéride des crucifères demeure commune dans la majeure partie de son aire.

Période de vol : Dans la plupart des régions où elle se rencontre au Canada, la piéride des crucifères produit deux générations qui se chevauchent et vole de la fin d'avril au milieu de septembre. Dans le sud de l'Ontario, trois et occasionnellement quatre générations peuvent se succéder chaque année. En revanche, dans le nord de son aire, la piéride des crucifères n'a qu'une génération et vole en juin et juillet.

Comportement et habitat : La piéride des crucifères se rencontre principalement dans les boisés et les milieux dégagés adjacents.

Observations : Encore récemment, la piéride des crucifères était considérée comme une entité monospécifique, et les nombreuses populations nord-américaines étaient traitées comme des sous-espèces de l'espèce eurasienne Pieris napi (Linné). Les tentatives visant à scinder cette « espèce » en plusieurs espèces constituantes d'après les marques alaires (p. ex. Eitschberger, 1983) se sont révélées peu concluantes. Récemment, toutefois, Geiger et Shapiro (1992) ont eu recours à l'électrophorèse enzymatique pour mesurer la similarité génétique parmi les populations de « P. napi » et ont démontré que le complexe napi englobe trois espèces au Canada et au moins une autre en Alaska et que toutes ces espèces diffèrent du P. napi de l'Ancien Monde. Voir ci-dessus la description des deux autres espèces constituantes de ce complexe au Canada, le P. marginalis et le P. angelika.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.