Hespérie mystique (Polites mystic) (W.H. Edwards, 1863)

Description : Chez le mâle, le dessus des ailes est brun orangé brillant, avec une large bordure brun foncé couvrant le tiers externe de chaque aile. Le ptérostigma est noir et a l'air plus long et plus large qu'il l'est en réalité à cause de la tache foncée qui longe son bord externe et de la large tache rectangulaire qui orne la zone préapicale de l'aile antérieure. Chez la femelle, le dessus des ailes esten bonne partie brun foncé, avec une zone orange terne ou couleur de paille plus ou moins étendue sur la costa. Chez les deux sexes, le dessus de l'aile postérieure porte une bande médiane de taches orange pâle délimitées par les nervures foncées; en dessous, ces taches sont pâles et dessinent une croissant parallèle au bord externe de l'aile (ce qui n'est pas le cas chez les espèces d'Hesperia). Envergure : 23 à 29 mm.

Sous-espèces : Les individus des Prairies, généralement plus pâles en dessous, ont été assimilés àla sous-espèce dacotah. Cette différence nous paraît cependant à la fois trop ténue et trop variable pour justifier une telle distinction, et nous ne reconnaissons aucune sous-espèce chez le Polites mystic.

Répartition géographique : L'hespérie mystique est présente dans tout le nord des États-Unis et, au Canada, depuis la côte de l'Atlantique jusque dans l'est de la Colombie-Britannique. Au Canada, elle vole dans toutes les provinces, à l'exception de Terre-Neuve, atteignant vers le nord Rupert House au Québec, Ekwan Point en Ontario, Thompson au Manitoba, Fort Vermilion en Alberta et mile 81, le long de la route de l'Alaska, en Colombie-Britannique.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : La femelle ressemble à celle de l'hespérie indienne (Hesperia sassacus). Le mâle se distingue des autres espèces de Polites par sa taille apparemment plus grande et la largeur de son ptérostigma. Voir également la description de l'Ochlodes sylvanoides. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est vert brunâtre ou brun foncé, avec des marbrures blanches et une bande dorsale plus foncée. L'hespérie mystique est associée à l'état larvaire à diverses graminées, dont des pâturins (Poa spp.), le chiendent commun (Agropyron repens), l'Echinochloa crus-galli et la fléole des prés (Phleum pratense).

Abondance : L'hespérie mystique est très commune et répandue à l'échelle de son aire. Elle est probablement l'hespérie la plus commune dans les Prairies.

Période de vol : Le P. mystic vole du début de juin à la fin de juillet dans l'Est, mais jusqu'au milieu d'août dans les Prairies. Il n'a qu'une génération par année à l'échelle de son aire.

Comportement et habitat : Cette espèce est habituellement observée dans les prés humides et le long des routes, mais contrairement à certaines autres espèces, elle se rencontre également dans des milieux fortement perturbés si le couvert de graminées et de plantes à fleurs est suffis amment verdoyant. L'hespérie mystique visite assidûment les fleurs, et dans l'est de l'Ontario, elle se dispute souvent les fleurs de vesce jargeau (Vicia cracca) avec l'hespérie des graminées (Thymelicus lineola), beaucoup plus abondante.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.