Polygone virgule (Polygonia comma) (Harris, 1842)

Description : Bien que d'aspect variable, cette espèce de taille moyenne (envergure : 37 à 56 mm) a habituellement le dessus des ailes brun orange foncé, avec les bordures noires et quelques taches noires bien nettes. Le polygone virgule se présente sous deux formes. La forme d'hiver correspond à la description précédente. Chez la forme estivale, le dessus de l'aile postérieure est presque entièrement noir et souvent liséré de violet, comme chez le polygone à queue violacée (P. interrogationis). Le dessous des ailes est orné de marbrures de diverses teintes chez le mâle, brun-gris ou brun-jaune plus uniforme chez la femelle. La marque argentée en forme de virgule est renflée aux deux extrémités.

Répartition géographique : Largement répandu dans l'est de l'Amérique du Nord, le polygone virgule se rencontre dans l'est et le centre du Canada depuis St. John's, à Terre-Neuve, jusque dans le sud-est de la Saskatchewan. Sa présence a été signalée une fois en Alberta, dans la vallée Turner.

Espèces semblables : La forme foncée du Polygonia comma est fréquemment confondue avec la forme foncée du polygone à queue violacée, mais elle s'en distingue par l'aspect de sa marque en forme de virgule en dessous de l'aile postérieure. La forme pâle est pour sa part facilement confondue avec le polygone satyre (P. satyrus), dont l'aire s'étend de façon générale au nord et à l'ouest de celle du polygone virgule. Les deux espèces se départagent par la couleur du dessus des ailes, qui est brun-orange chez le P. comma, brun jaunâtre fauve chez le P. satyrus; par les motifs en dessous des ailes, qui prennent généralement la forme de marbrures chez le P. comma, de rayures longitudinales chez le P. satyrus; par la rangée de taches submarginales pâles sur le dessus de l'aile postérieure, qui sont généralement séparées et entourées d'écailles foncées chez le P. comma, plus grandes et souvent réunies en une bande pâle chez le P. satyrus. [images comparatives]

La description de l'image suit.
Polygone virgule (Polygonia comma), chenille.
W. Lukey

Stades immatures : La chenille se présente sous deux formes, une blanc verdâtre, l'autre, brun verdâtre. Le corps est hérissé de rangées d'épines jaunes ou blanches. À l'état larvaire, le polygone virgule se nourrit principalement sur diverses espèces d'orties (Urtica spp.) et d'ormes (Ulmus spp.) et sur la laportéa du Canada (Laportea canadensis) et le houblon (Humulus lupulus).

Abondance : Le polygone virgule est généralement peu commun et rarement observé en grand nombre. Toutefois, dans la majorité des régions où il est présent au Canada, il est l'un des polygones les plus fréquemment observés. Il atteint généralement son abondance maximale à la deuxième génération, à la fin de l'été et en automne. Comme le polygone à queue violacée, il s'aventure plus fréquemment dans les jardins et les terrains vagues que les autres polygones.

Période de vol : Le polygone virgule produit deux générations par année et se rencontre en tout temps d'avril au milieu d'octobre au Canada. La forme estivale foncée, dont la durée de vie est plus brève, émerge en juin. La deuxième génération apparaît en août.

La description de l'image suit.
Polygone virgule (Polygonia comma). Baie Shirleys, Ottawa, Ont. P.W. Hall

Comportement et habitat : Le polygone virgule fréquente les boisés humides et est généralement observé dans les clairières ou sur le bord des forêts et des routes. Il est attiré par les exsudations de sève et se pose parfois sur le sol, les ailes habituellement repliées sur son dos. Lorsqu'il est dérangé, il s'envole souvent rapidement pour se percher sur un tronc ou une grosse branche, la tête en bas et les ailes repliées. Il ressemble alors à s'y méprendre à une feuille morte.

Observations : Tous les polygones sont difficiles à identifier, en particulier les individus souvent usés qui volent au printemps. Des erreurs d'identification sont à l'origine de certaines mentions anciennes faisant état de la présence de ces espèces hors de leur aire habituelle au Canada.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.