Polygone à queue violacée (Polygonia interrogationis) (Fabricius, 1798)

Description : Le Polygonia interrogationis est le plus grand (envergure : 45 à 68 mm) de nos polygones. En vol, il se distingue de ses congénères par sa taille, la forme de ses ailes et la longue queue lisérée de violet de son aile postérieure. La marque argentée en dessous de l'aile postérieure est formée d'une ligne courbe et d'un point et ressemble à un point d'interrogation. La génération estivale (forme « umbrosa ») est plus foncée que la génération hibernante; le dessus de l'aile postérieure est presque entièrement noir, et les motifs en dessous des ailes sont beaucoup plus contrastés.

Répartition géographique : Le polygone à queue violacée se rencontre dans l'est de l'Amérique du Nord depuis le Mexique jusqu'à St. John's à Terre-Neuve (une mention), à Saint-Félicien au Québec et au lac Lukinto en Ontario. Vers l'ouest, il est également présent jusqu'au Manitoba et dans le sud-est de la Saskatchewan. Sa présence a également été mentionnée une fois dans les collines Blackfoot, près de Lloydminster, en Alberta.

Espèces semblables : Le polygone à queue violacée se distingue de tous ses congénères par les caractères énoncés précédemment à la section Description.

Description of this image follows.

Polygone à queue violacée (Polygonia interrogationis), chrysalide.
T. Arcand

Stades immatures : La chenille est épineuse, de couleur variable, le plus souvent brun rougeâtre, irrégulièrement marquée de taches plus pâles. Elle mène une existence solitaire, cachée sous une feuille de sa plante hôte. À l'état larvaire, le polygone à queue violacée se rencontre principalement sur l'ortie élevée (Urtica dioica), diverses espèces d'ormes (Ulmus spp.) et le houblon (Humulus lupulus).

Abondance : Les effectifs de ce polygone fluctuent considérablement d'une année à l'autre. Très rare certaines années, ce papillon peut être commun les années marquées par des migrations massives d'autres papillons.

Période de vol : Le polygone à queue violacée produit deux générations par année. Il hiberne à l'âge adulte, mais probablement pas au Canada. Même dans le sud-ouest de l'Ontario, la forme hibernante pâle n'est jamais observée avant la fin de mai (milieu de juin à Ottawa, fin de juin au Manitoba). Cette forme vole jusqu'au début de juillet. La deuxième génération émerge à la fin de juillet ou au début d'août et se rencontre seulement jusqu'au milieu de septembre. Ce comportement, très différent de celui des autres polygones, donne fortement à croire que cette espèce migre vers le sud en automne, hiberne dans le sud des États-Unis, puis effectue une migration en sens inverse à la fin du printemps, parfois en grand nombre.

Comportement et habitat : Le polygone à queue violacée est habituellement observé à l'intérieur ou à proximité des boisés, mais à la fin des étés marqués par des migrations massives, il se rencontre pratiquement partout, même dans les parcs urbains. Il se nourrit rarement sur les fleurs, mais il est très attiré par la sève, la boue, la charogne ou les déjections d'animaux.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.