Piéride damier (Pontia protodice) (Boisduval et Le Conte, 1830)

Description : Espèce de taille moyenne (envergure : 33 à 49 mm), le Pontia protodice ressemble aux autres espèces du genre Pontia. Chez le mâle, le bord de l'aile antérieure, sur le dessus, est orné d'un motif en damier brun foncé, et l'aile postérieure est entièrement blanche sur le dessus, sans marques ou avec quelques taches en dessous. Le motif en damier est plus prononcé chez la femelle. La coloration est très variable, en particulier chez les formes plus foncées qui volent au printemps et à l'automne.

Répartition géographique : Cette espèce répandue réside en permanence dans le sud des États-Unis, de l'Atlantique au Pacifique. Elle atteint sporadiquement le nord des États-Unis et le sud du Canada, y établissant des colonies temporaires qui ne subsistent souvent qu'un seul été, mais parfois pendant plusieurs années. Au Québec, sa présence a été signalée seulement deux fois, une fois prèsde Montréal, l'autre fois au nord-ouest de Hull. En Ontario, quelques colonies se sont maintenues pendant plusieurs années dans des régions situées aussi loin au nord que la vallée de l'Outaouais et Sault Ste. Marie. Dans l'Ouest, le damier est peu commun dans tout le sud des provinces des Prairies et l'est de la Colombie-Britannique; il s'y rencontre souvent en compagnie d'autres Pierinae de l'Ouest plus abondants. La mention la plus étonnante concerne deux individus capturés et d'autres individus observés le 10 septembre 2001 par Cheryl Davis à Wabush, dans l'extrême ouest du Labrador. Ces individus étaient manifestement les descendants d'une femelle qui s'était aventurée à environ 1 000 km au nord de l'aire habituelle de l'espèce!


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Avec ses taches alaires foncées très réduites, le mâle est facilement reconnaissable. En revanche, la femelle est souvent difficile à distinguer de celle du P. occidentalis. Les marques foncées sont généralement noires chez le P. protodice, alors qu'elles sont brunâtres ou grises chez le P. occidentalis. En dessous, la tache foncée sur le bord interne de l'aile antérieure est plus grande chez le P. protodice que chez le P. occidentalis. Encore là, certaines femelles sont difficiles à identifier sur la base de ces critères. Une caractéristique de la nervation alaire permet de séparer avec certitude environ 80 % des spécimens (Chang, 1963). [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est rayée alternativement de vert et de gris et couverte de nombreux minuscules tubercules noirs. Elle se nourrit sur diverses espèces de la famille de la moutarde (Brassicacées), y compris le chou, le navet et de nombreuses espèces de moutardes sauvages. L'espèce hiberne au stade nymphal.

Abondance : Le P. protodice n'est pas commun au Canada. Toutefois, les chenilles et les adultes sont fréquemment observés dans les régions où l'espèce a établi une colonie temporaire.

Période de vol : En Ontario, le P. protodice produit deux générations par année, la première génération volant en juin et juillet, la deuxième, en août et en septembre. Au Manitoba, il vole depuis le début de juillet jusqu'en septembre et atteint son abondance maximale vers la fin de l'été.

Comportement et habitat : Bien que répandu, le damier se rencontre habituellement uniquement dans les milieux perturbés ouverts comme les champs, les pâturages, les terres cultivées et les bords de route envahis par les mauvaises herbes.

Observations : L'évolution des pratiques agricoles pourrait expliquer les fluctuations d'effectifs observées chez cette espèce en Amérique du Nord. Selon certains auteurs, plusieurs Pierinae nord-américains, dont le P. protodice, semblent avoir été grandement affectés par l'invasion massive de leur aire par la piéride du chou, espèce européenne introduite.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.