Hespérie grisâtre (Pyrgus centaureae) (Rambur, 1840)

Description : Cette petite hespérie (envergure : 22 à 28 mm) noir brunâtre a les ailes ornées de nombreuses taches blanches irrégulières. Ces taches sont plus diffuses sur l'aile postérieure. Les deux paires d'ailes sont frangées de noir et de blanc. En dessous, les ailes sont ornées d'un motif en damier blanc et brun grisâtre.

Sous-espèces : Trois sous-espèces ont été décrites en Amérique du Nord, et d'autres, y compris la sous-espèce nominale, dans l'Ancien Monde. La sous-espèce wyandot (W.H. Edwards) vole dans lenord-est des états-Unis, mais elle ne semble pas atteindre le Canada (certains spécialistes la considèrent actuellement comme une espèce à part entière). La sous-espèce freija, décrite du Labrador, occupe la majeure partie de l'aire de l'espèce en Amérique du Nord et se rencontre du Labrador au Yukon. Enfin, la sous-espèce loki se rencontre dans les Rocheuses du Colorado à la Colombie-Britannique.

Répartition géographique : Le Pyrgus centaureae se rencontre en Scandinavie et, vers l'est, dans une bonne partie de l'Eurasie arctique. Au Canada, il est présent depuis la côte du Labrador jusqu'à l'île de Vancouver, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest. Il est absent des provinces Maritimes, du sud du Québec sous le 50e parallèle, de l'Ontario au sud de Chapleau et des provinces des Prairies au sud de la forêt boréale. Deux colonies isolées sont établies sur les monts Albert et Jacques-Cartier, en Gaspésie, à plus de 1 000 mètres d'altitude.

Espèces semblables : Le P. communis se distingue du P. centaureae à sa rangée de six taches submarginales blanches plus ou moins rectilignes sur l'aile antérieure et à ses zones blanches plus étendues. Les P. ruralis et P. scriptura ont le fond de l'aile noir et les taches blanches plus espacées. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille n'a apparemment jamais été décrite en Amérique du Nord. À l'état larvaire, l'hespérie grisâtre se nourrit sur diverses espèces de potentilles (Potentilla spp.) dans les Rocheuses, et sur le chicouté (Rubus chamaemorus) dans le nord du Canada et en Eurasie.

Abondance : L'hespérie grisâtre peut être relativement commune.

Période de vol : Les adultes se rencontrent de la mi-mai à la mi-juillet dans la portion méridionale de l'aire de l'espèce, et de la fin de juin jusqu'en août plus au nord. Du Labrador au Manitoba, dans la portion septentrionale de son aire, l'hespérie grisâtre semble se comporter comme une espèce bisannuelle, et en bien des endroits, elle est commune les années impaires, rare ou absente les années paires. Plus au sud, l'espèce produit une génération par année.

Comportement et habitat : Le P. centaureae fréquente des habitats très diversifiés à l'échelle de sonaire : toundra sur le mont Albert, tourbières dans le nord du Québec, prés et fonds de vallée dans les Rocheuses, et clairières, taïga et saulaies dans le nord du Manitoba.

Observations : RAL croyait voir voler un petit noctuide gris pâle lorsqu'il a aperçu son premierP. centaureae dans une tourbière au nord-est de Chibougamau, au Québec. C'est seulement après l'avoir pourchassé sur plus d'une centaine de mètres et capturé au filet qu'il s'est rendu compte de laméprise. Le petit papillon ne volait pas très rapidement, mais il battait des ailes trop vite pour qu'il puisse en percevoir les mouvements ou cerner sa forme générale. Même après avoir observé plusieurs autres individus, RAL n'est pas parvenu à chasser cette première impression de son esprit.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.