Porte-queue du caryer (Satyrium caryaevorum) (McDunnough, 1942)

Description : De la même taille que les porte-queue qui lui ressemblent (envergure : 22 à 28 mm), le Satyrium caryaevorum peut être difficile à identifier. En dessous, les ailes sont brun-gris, avec une bande de taches plus foncées bordée de blanc de part et d'autre. Les premiers segments de cette bande, dans le haut de l'aile, sont fortement décalés et plus larges. Par rapport à la tache orange dont elle flanquée, la tache anale bleue est plus longue que chez les autres espèces.

Répartition géographique : La principale portion de l'aire du S. caryaevorum détermine deux zones discontinues dans le nord-est des États-Unis. Au Canada, ce porte-queue se rencontre uniquement dans le sud de l'Ontario et le sud du Québec, près de la frontière ontarienne.

Espèces semblables : Le porte-queue du chêne (S. calanus), beaucoup plus commun, est trèsvariable, et certaines de ses formes sont fréquemment confondues avec le porte-queue du caryer. Chez le porte-queue du chêne, les taches foncées formant une bande en dessous de l'aile postérieure sont rectangulaires et lisérées de blanc surtout du côté externe, la tache située au sommet de cette bande est de la même taille et de la même forme que les autres, mais elle est décalée vers la base de l'aile et beaucoup plus étroite que la deuxième bande partielle située près du milieu de l'aile; la tache triangulaire noire entre les deux queues (adjacente à la tache anale bleue) est de la même grandeur que le croissant rougeâtre dont elle est coiffée. Chez le porte-queue du caryer, la série de taches formant la bande foncée s'élargit progressivement vers le haut de l'aile au point où la tache située au sommet de cette bande est aussi large que la deuxième bande partielle, et la tache noire entre les deux queues est nettement plus grande que la ligne orange dont elle est coiffée. Les structures génitales des deux espèces sont également différentes. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est vert-jaune (mais vire au brun peu avant de se transformer enchrysalide), avec deux lignes blanches sur le dos et des marques obliques jaunâtres sur les côtés. Au Canada, elle se nourrit sur le caryer cordiforme (Carya cordiformis), le noyer cendré (Juglans cinerea), le chêne rouge (Quercus rubra), le frêne d'Amérique (Fraxinus americana) et diversesespèces d'aubépines (Crataegus spp.).

Abondance : Cette espèce est habituellement considérée comme rare dans la plupart des régions oùelle se rencontre. Toutefois, elle peut devenir abondante certaines années et apparaître dans desrégions où elle est normalement absente.

Période de vol : Au Canada, le S. caryaevorum vole de la fin de juin au début d'août à l'échelle deson aire restreinte.

Comportement et habitat : Normalement associé aux forêts décidues, le porte-queue du caryer est le plus souvent observé sur les fleurs d'asclépiade et de mélilot blanc en bordure des boisés.

Observations : L'année 1992 s'est révélée remarquable pour cette espèce. Dans la plupart desrégions où elle se rencontre normalement au Canada, le porte-queue du caryer est devenu extrêmement abondant, surpassant en nombre toutes les autres espèces de porte-queue confondues. Des milliers d'individus ont été observés en train de se nourrir sur les fleurs d'un tilleul près de Tweed, en Ontario. Lorsque cet arbre a été secoué, des centaines de porte-queue du caryer se sont envolés, et 29 individus ont été capturés d'un seul coup de filet (Jack Holliday, News of the Lepidopterists' Society, Mars/Avril 1993).

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.