Porte-queue à lignes brisées (Satyrium liparops) (Le Conte, [1833])

Description : Relativement petit (envergure : 21 à 28 mm), le Satyrium liparops ressemble superficiellement à d'autres porte-queue. Les ailes sont brun foncé sur le dessus, brunes teintées de violacé en dessous. Le porte-queue à lignes brisées se reconnaît principalement aux rayures blanches fortement décalées en dessous des ailes. La tache anale bleue est coiffée d'un croissant orange.

Sous-espèces : Trois sous-espèces ont été répertoriées au Canada. La sous-espèce strigosum se rencontre dans l'est du Canada. La sous-espèce fletcheri, dont les ailes sont maculées d'orange sur le dessus, vole depuis le nord de l'Ontario jusqu'en Alberta. Ces deux sous-espèces ont été observées dans les basses terres de la baie James. La sous-espèce aliparops vole dans le sud des provinces des Prairies et a les ailes foncées sur le dessus comme la sous-espèce strigosum, mais elle s'en distingue en dessous des ailes par la réduction très marquées des lignes blanches, qui sont à pein evisibles.

Répartition géographique : Le porte-queue à lignes brisées se rencontre dans la plupart des régions du sud du Canada, de la Nouvelle-Écosse jusque dans l'est de la Colombie-Britannique. Il est rare en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Au Québec, il a surtout été observé dans les vallées du Saint-Laurent et de l'Outaouais, mais il est également présent localement dans la vallée du Saguenay et dans le comté d'Abitibi. En Ontario, il se rencontre vers l'ouest jusqu'au lac des Bois et, de là, dans le sud des provinces des Prairies jusqu'au district de la rivière de la Paix de l'Alberta et de la Colombie-Britannique.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Le porte-queue à lignes brisées ressemble au porte-queue du chêne (S. calanus), au porte-queue du caryer (S. caryaevorum) et au porte-queue d'Edwards (S. edwardsii). Toutefois, chez toutes ces espèces, la tache anale bleue en dessous de l'aile postérieure n'est pas coiffée d'une tache orange. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est verte, avec une bande dorsale jaunâtre sur le dos et de nombreuses lignes obliques jaunes. Elle se nourrit principalement sur diverses espèces arborescentes et arbustives de la famille des Rosacées, y compris des pruniers et cerisiers (Prunus spp.) et des aubépines (Crataegus spp.). Le chêne, le saule, le peuplier et le bleuet sont plus rarement attaqués.

Abondance : Dans la plupart des régions où il est présent, le S. liparops n'est pas très commun. Toutefois, dans certaines régions, comme la portion septentrionale de son aire au Québec (Leblanc, 1985) et certaines régions du Manitoba (Klassen et al., 1989), il peut être le porte-queue le plus fréquemment observé. Dans la plupart des régions, il apparaît de façon sporadique d'année en année.

Période de vol : Le S. liparops vole de la mi-juin à la mi-août à l'échelle de son aire au Canada. Il atteint son abondance maximale au début de juillet.

Comportement et habitat : Ce porte-queue est généralement observé autour d'arbustaies denses sur le bord des forêts, mais il s'aventure dans des milieux plus ouverts pour se nourrir sur un grand nombre d'espèces de plantes à fleurs, parfois en compagnie du porte-queue du chêne, plus commun.

Observations : Bien que ses effectifs fluctuent d'année en année, ce papillon n'atteint jamais l'abondance de certains autres porte-queue.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.