Satyre des Appalaches (Satyrodes appalachia) (R.L. Chermock, 1947)

Description : Comme le satyre ocellé (S. eurydice), le satyre des Appalaches a un aspect délavé même lorsqu'il est frais, mais il a les ailes brun violacé doux. Ses ocelles à pupille foncée sont très semblables à ceux du S. eurydice. En dessous, la ligne foncée qui sépare la zone claire de la zone foncée suit une courbe régulière au lieu d'être fortement dentelée. Envergure : 39 à 51 mm.

Sous-espèces : Deux sous-espèces sont reconnues, mais seule la sous-espèce leeuwi se rencontre au Canada.

Répartition géographique : Le Satyrodes appalachia est présent dans l'est de l'Amérique du Nord de la Floride au Maine. Au Canada, il se rencontre dans le sud de l'Ontario, au nord jusqu'à l'île Manitoulin, et dans le sud du Québec, au nord jusqu'à Saint-Joseph-de-la-Rive, dans le comté de Charlevoix-Ouest.


Données sur les collections de spécimens

Espèces semblables : Le satyre ocellé (S. eurydice) et le satyre perlé (Enodia anthedon). [images comparatives]

Stades immatures : À l'état larvaire, le satyre des Appalaches est très semblable au S. eurydice, mais seules les cornes sont rouges sur la tête. La chenille se nourrit sur diverses espèces de carex, dont le carex lacustre (Carex lacustris) et le carex raide (C. stricta). La satyre des Appalaches hiberne au troisième ou quatrième stade larvaire.

Abondance : Le satyre des Appalaches est rare à commun selon les régions, mais jamais aussi abondant que le satyre ocellé.

Période de vol : Le satyre des Appalaches vole de la fin de juin au début d'août et atteint son abondance maximale au milieu de juillet. Il produit une génération par année au Canada, deux plus au sud.

Comportement et habitat : Le satyre des Appalaches est une espèce forestière qui se rencontre habituellement dans les cariçaies humides en bordure des forêts, souvent immédiatement à côté de cariçaies plus dégagées habitées par le satyre ocellé. Dans ce cas, les deux espèces volent à quelques mètres l'une de l'autre sans se mêler. Contrairement au satyre ocellé, espèce sédentaire, le satyre des Appalaches n'est pas confiné aux cariçaies forestières et erre en faible nombre dans les milieux boisés environnants. Dans la région d'Ottawa, certains des satyres observés dans des boisés secs éloignés de tout milieu humide étaient des satyres des Appalaches, et non des satyres perlés (Enodia anthedon), normalement plus fréquents dans de tels habitats. Ce comportement errant pourrait expliquer les taux de recapture pratiquement nuls enregistrés dans le cadre de plusieurs expériences de marquage-recapture réalisées dans le nord des États-Unis.

Observations : D'abord décrit comme une sous-espèce du S. eurydice, le S. appalachia n'est reconnu comme une espèce distincte que depuis 1970 (Carde et al., 1970). Le spécimen illustré sous le nom de S. eurydice dans la première édition du Field Guide to the Butterflies of North America, East of the Great Plains (Klots, 1951) est en réalité un S. appalachia.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.