Satyre ocellé (Satyrodes eurydice) (Linnaeus, 1763)

Description : Les ailes sont brun jaunâtre et ont un aspect généralement délavé, même chez les sujets frais. Elles sont ornées sur leurs deux faces d'ocelles à pupille foncée et à bordure pâle; l'aile antérieure en porte quatre, l'aile postérieure, six. Sur le dessus, les ocelles sont souvent un peu flous, et les ocelles inférieurs, sur chaque aile, sont parfois finement pupillés de blanc. En dessous, les ocelles sont beaucoup plus nets, toujours pupillés de blanc (l'ocelle inférieur de l'aile postérieure contient deux pupilles), et entourés d'anneaux concentriques pâles et foncés. En dessous, le tiers externe de l'aile est plus pâle et séparé de la portion basale plus foncée par une ligne foncée fortement dentelée. Envergure : 38 à 48 mm.

Sous-espèces : Deux sous-espèces ont été décrites, mais seule la sous-espèce nominale se rencontre au Canada.

Répartition géographique : Le Satyrodes eurydice se rencontre dans tout le nord-est etle centre-nord des États-Unis. Au Canada, il vole dans tout le sud du pays, de l'île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, jusque dans l'est de l'Alberta; vers le nord, il est présent jusqu'à Baie-Kapotagen au Québec, à Malachi en Ontario et à The Pas au Manitoba. Sa présence a été mentionnée une fois, il y a de nombreuses années, au Grand lac des Esclaves, dans les Territoires du Nord-Ouest.


Données sur les collections de spécimens

Espèces semblables : Le satyre des Appalaches (Satyrodes appalachia) est brun violacé, non brun jaunâtre comme le satyre ocellé; en dessous, la ligne foncée séparant le tiers externe de la portion basale des ailes est courbée régulièrement chez le S. appalachia, alors qu'elle est fortement dentelée comme chez le S. eurydice. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est verte, avec une bande vert foncé sur le dos et des bandes alternativement vert foncé et vert pâle sur les côtés. Les « queues » sont vertes. La tête est verte, avec des cornes rouges et une ligne rouge s'étendant des cornes auxyeux. À l'état larvaire, le satyre ocellé se nourrit sur diverses espèces de carex, généralement sur le carex lacustre (Carex lacustris), le carex épi-de-blé (Carex atherodes) et le carex rostré (Carex rostrata). Le carex raide (Carex stricta) a souvent été mentionné comme plante hôte, mais dans l'est de l'Ontario et l'ouest du Québec, le satyre ocellé ne forme jamais de colonies dans les peuplements mono spécifiques de ce carex et semblese nourrir exclusivement d'espèces à feuilles larges. Les chenilles hibernent après avoir achevé la moitié de leur développement.

Abondance : Le S. eurydice est abondant localement dans les prés humides et les cariçaies.

Période de vol : Le satyre ocellé produit une seule génération par année et vole du milieu de juin au début de septembre. Il est plus abondant en juillet.

Comportement et habitat : Le satyre ocellé se rencontre uniquement dans les cariçaies, souvent dans de petits peuplements sur le bord des routes. Même dans les milieux humides très vastes où il forme des colonies importantes, il s'éloigne rarement de son habitat. Le satyre ocellé vole lentement et faiblement et se pose souvent sur lescarex.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.