Argyne aphrodite (Speyeria aphrodite) (Fabricius, 1787)

Description : Comme les autres argynnes, le Speyeria aphrodite a le dessus des ailes orange brillant, avec de nombreuses taches et lignes noires. Bien qu'il soit généralement plus petit que l'argynne cybèle, il est plus grand que la plupart des autres espèces (envergure : 51 à 73 mm). Il se distingue par la combinaison de caractères suivants : bordure de l'aile antérieure, sur le dessus, nonentièrement noire comme chez bon nombre des autres espèces d'argynnes; nervures de l'aile antérieure sans androconies noires; base de l'aile antérieure marquée d'une forte tache noire (petite chez certains spécimens); bande submarginale pâle en dessous de l'aile postérieure passable mentétroite, infiltrée par la portion orange rougeâtre foncée couvrant les deux tiers basaux de l'aile.

Sous-espèces : Six des huit sous-espèces décrites se rencontrent au Canada et y déterminent uncline d'est en ouest. Ces sous-espèces se distinguent les unes des autres par la taille et l'intensité dela coloration. La sous-espèce winni vole dans la plupart des régions de l'est du Canada, la sous-espèce aphrodite, dans le sud du Québec et de l'Ontario, la sous-espèce alcestis, dans la région des Grands Lacs, la sous-espèce manitoba, dans les Prairies, la sous-espèce whitehousei, dans la vallée du Kootenay, en Colombie-Britannique, et la sous-espèce columbia, dans le nord de la région intérieure de la Colombie-Britannique.

Répartition géographique : Au Canada, l'aire de l'argynne aphrodite est pratiquement identique àcelle de l'argynne cybèle, et les deux espèces volent souvent ensemble. L'argynne aphrodite est répandu depuis l'île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, jusqu'au centre de la Colombie-Britannique,et vers le nord, jusqu'à Moosonee en Ontario et le district de la rivière de la Paix en Alberta.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : L'argynne aphrodite est confondu surtout avec l'argynne de l'Atlantique et Speyeria hesperis, mais il s'en distingue habituellement par la série de caractères énumérés ci-dessus à la section Description, en particulier par la bordure plus pâle de son aile antérieure et la coloration du dessous de son aile postérieure. Chez le S. aphrodite, au moins une des taches foncéessur le bord interne de la bande submarginale pâle est en forme de cible ou de halo. L'argynne cybèle est laseule autre espèce qui peut présenter ce caractère, mais il se reconnaît facilement à sa bande submarginale pâle plus large. Chez les mâles des espèces les plus semblables, les nervures de l'aile antérieure, en particulier les deux nervures inférieures parallèles au bord interne, sont couvertes d'androconies noires et paraissent de ce fait renflées; chez d'autres espèces, ces nervures sont légèrement épaissies près du milieu de l'aile. Voir également les descriptions du Speyeria zerene et du Speyeria hesperis. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille est brun foncé, orange sur les côtés, avec des bandes noires.

Abondance : Le S. aphrodite est généralement commun dans la plupart des régions où il est présent; il peut être abondant localement.

Période de vol : À l'échelle de son aire au Canada, l'argynne aphrodite vole en juillet et en août.

Comportement et habitat : Comme l'argynne cybèle, l'argynne aphrodite se rencontre dans des habitats diversifiés. Il est habituellement observé dans les prés dégagés, mais il tolère les prairies plus sèches. Il visite régulièrement les fleurs.

Observations : Des pontes ont été observées longtemps après que les parties aériennes des plants de violette se soient des séchées et soient disparues. Les femelles semblent capables de détecter l'odeur des violettes séchées (Pyle, 1981).

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.