Argynne cybèle (Speyeria cybele) (Fabricius, 1775)

Description : Le Speyeria cybele est non seulement un de nos plus grands argynnes (envergure : 62 à 88 mm), mais aussi un des plus répandus. Le mâle a le dessus des ailes orange brillant, avec les marques noires distinctives des argynnes. Chez la femelle, les ailes sont brun-jaune, plus foncées à labase. En dessous, l'aile postérieure est toujours parée de grandes taches argentées; la bande submarginale pâle est plus large que chez les autres espèces.

Sous-espèces : Les limites entre les différentes sous-espèces ne sont pas clairement démarquées. La sous-espèce cybele se rencontre dans l'est du pays jusqu'au Manitoba, à l'ouest. La sous-espècenovascotiae, plus petite, avec plus de brun dans la large bande marginale pâle en dessous de l'aile postérieure, vole en Nouvelle-Écosse. La sous-espèce krautwurmi, dont la femelle est très pâle, vit dans le nord de l'Ontario et au Michigan. La sous-espèce pseudocarpenteri, plus petite et plus pâle que la forme nominale, se rencontre en milieu boisé dans le sud des provinces des Prairies et jusque dans la vallée de la rivière de la Paix en Colombie-Britannique, où elle est considérée comme menacée. La sous-espèce leto vole dans le sud de la Colombie-Britannique et le sud-ouest de l'Alberta; elle se distingue par la réduction des taches argentées en dessous de l'aile postérieure, en particulier celles de la bande marginale, et par la coloration jaune pâle caractéristique de la femelle.

Répartition géographique : Ce grand papillon se rencontre dans tout le sud du Canada, principalement au sud de la zone boréale, depuis l'île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, jusque dans le sud de la région intérieure de la Colombie-Britannique, et vers le nord, jusque dans le district de la rivière de la Paix.

Espèces semblables : À l'encontre des autres argynnes semblables présents au Canada, l'argynne cybèle n'a pas de tache noire près de la base de l'aile antérieure, sur le dessus. La bande submarginale jaunâtre clair en dessous de l'aile postérieure est large. Par comparaison, chez les autres espèces, la portion foncée de l'aile postérieure (l'aire discale) s'infiltre entre les taches argentées et se fond dans la bande submarginale jaunâtre.

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Argynne cybèle (Speyeria cybele cybele), chenille. T. Arcand

Stades immatures : Les chenilles sont en grande partie noir velouté, avec les côtés bruns. Le corps est hérissé d'épines noires à base rouge. Comme tous les autres argynnes, l'argynne cybèle se nourrit de violettes à l'état larvaire.

Abondance : Jusqu'à récemment, l'argynne cybèle était considéré comme commun à l'échelle de sonaire. Il semble toutefois avoir souffert dans certaines régions du Canada de la disparition d'une partiede ses habitats (Klassen et al., 1989; Guppy et al., 1994).

Période de vol : Partout où il se rencontre, le S. cybele est surtout commun en juillet, mais il se rencontre depuis le début de juin jusqu'en septembre selon la région et les conditions météorologiques.

Comportement et habitat : L'argynne cybèle vole très rapidement et de façon très active, mais il se laisse approcher de près lorsqu'il se nourrit sur les fleurs. Il visite un grand nombre de fleurs, en particulier les fleurs d'asclépiade et de chardon. Il vole régulièrement en compagnie d'autres espèces d'argynnes dans les champs ouverts et sur le bord des routes.

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Argynnes cybèles (Speyeria cybele cybele), accouplement. Parc provincial Frontenac, Ont. J. Kamstra

Observations : Le S. cybele est probablement l'argynne le plus familier parce qu'il est commun dans de nombreuses régions densément peuplées du sud du Canada. Selon certains auteurs, la sous-espèce leto serait une espèce distincte du S. cybele. Des recherches additionnelles s'imposent dans le sud de l'Alberta, où les deux taxons cohabitent, pour vérifier cette hypothèse.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.