Speyeria edwardsii (Reakirt, 1866)

Description : Un des plus grands (envergure : 60 à 70 mm) argynnes de l'Ouest, le Speyeria edwardsii est également l'un des plus faciles à reconnaître. Le bord externe de l'aile antérieure est distinctement concave. Sur le dessus de l'aile postérieure, qui est orange, les marques noires en zigzag disparaissent presque le long des nervures. En dessous, la base de l'aile antérieure est rougeâtre, tandis que le fond de l'aile postérieure est vert, avec de grandes taches argentées allongées.

Répartition géographique : Le Speyeria edwardsii est essentiellement une espèce du centre-ouest des États-Unis. Il se rencontre de façon éparse au Canada, dans le sud de l'Alberta jusqu'au mont Moose, au nord, et dans les collines du Cyprès, dans le sud-ouest de la Saskatchewan. Il était autrefois plus répandu en Saskatchewan, et il se rencontrait au Manitoba jusqu'au parc national du mont-Riding, au nord. Il n'a cependant pas été observé au Manitoba depuis 1934 (Miniota, 7 et 10 juillet 1934, spécimens dans la Collection nationale canadienne).


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Bien qu'il ressemble beaucoup au S. cybele et au S. callippe, le S. edwardsii peut être identifié avec confiance d'après les caractères énumérés ci-dessus à la section Description. [images comparatives]

Stades immatures : La chenille du S. edwardsii se nourrit sur le violette de Nuttall (Viola nuttallii), mais probablement aussi sur d'autres espèces de violettes. Elle est jaune sur le dos, grise sur les côtés, avec une bande noire et des marbrures jaunes.

Abondance : Cette espèce est considérée comme peu commune à rare à l'échelle de son aire au Canada. La destruction de ses habitats pourrait être à l'origine de sa disparition au Manitoba et dans certaines régions de la Saskatchewan.

Période de vol : Le S. edwardsii vole de la deuxième moitié de juin jusqu'en juillet au Canada.

Comportement et habitat : Ce papillon se rencontre principalement dans les pinèdes clairsemées de la prairie indigène et des contreforts des Rocheuses. Il visite les fleurs et se nourrit sur les déjections d'animaux. Les mâles, reconnaissables à leur livrée plus claire, émergent deux ou trois semaines avant les femelles.

Observations : Chez la plupart des argynnes, la variation intraspécifique est importante, et les sous-espèces sont nombreuses. Le S. edwardsii fait exception à la règle, étant relativement constant à l'échelle de son aire et ne présentant aucune sous-espèce reconnue. On s'explique mal la disparition de cette espèce et d'autres papillons de prairie d'une partie de leur aire originale, car des habitats de prairie reliques favorables existent encore là où ces espèces volaient autrefois. À notre avis, la superficie de ces habitats pourrait être actuellement trop faible pour assurer la survie de populations d'espèces très mobiles comme le S. edwardsii, le comportement errant des adultes entraînant forcément le déclin et la disparition des colonies.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.