Speyeria hesperis (W.H. Edwards, 1864)

Description : Espèce relativement petite (envergure : 45 à 58 mm), le Speyeria hesperis a le dessus des ailes orange brillant (jaune chez la femelle), avec des marques noires plus fines que chez la plupart des autres argynnes. Chez la forme la plus caractéristique, la sous-espèce de prairie lais, la tache noire près de la base de l'aile antérieure est réduite ou absente, et non bien développée comme chez les Speyeria atlantis et Speyeria aphrodite; les bordures des ailes sont habituellement orange, au lieu de noires comme chez le S. atlantis; le dessous de l'aile postérieure est irrégulièrement lavé de brun rougeâtre, les zones plus foncées étant généralement concentrées autour des taches argentées; la bande submarginale jaunâtre pâle est large. La sous-espèce beani et la forme rencontrée dans la majeure partie de la Colombie-Britannique ne sont pas aussi faciles à identifier, mais elles diffèrent du S. atlantis par leur taille plus modeste, leur bande submarginale pâle plus large en dessous de l'aile postérieure et la coloration du dessous de leur aile postérieure. Dans l'ouest du Canada, le S. hesperis a le dessous de l'aile brun violacé, comme le S. atlantis dans l'Est, et se distingue ainsi du S. atlantis hollandi, dont le dessous de l'aile postérieure est brun olive foncé.

Sous-espèces : Trois sous-espèces se rencontrent au Canada. La sous-espèce lais vit dans la prairie ouverte du Manitoba jusqu'en Alberta. La sous-espèce beani est principalement associée à la tremblaie-parc et vole du Manitoba à l'Alberta et jusque dans le sud des Territoires du Nord-Ouest et le district de la rivière de la Paix de la Colombie-Britannique. Les individus rencontrés dans la plupart des régions de la Colombie-Britannique appartiennent probablement à une autre sous-espèce qui demeure à nommer; ils sont plus grands que la sous-espèce beani, et de la même taille et de la même couleur que le Speyeria atlantis canadensis, qui vole dans l'est du Canada. Cette population est considérée comme une sous-espèce du S. hesperis principalement parce qu'elle produit des formes intermédiaires avec la sous-espèce beani et vole en compagnie du S. atlantis hollandi sans s'hybrider avec ce dernier en Colombie-Britannique.

Répartition géographique : Le S. hesperis vole dans le sud-ouest du Manitoba, dans la plupart des régions de la Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique (sauf les régions côtières). Il a été observé six fois au Yukon, jusqu'à Dawson au nord, et quelques fois dans les Territoires du Nord-Ouest, le long de la rivière des Esclaves et du Mackenzie, jusqu'à Fort Norman au nord.


Données sur les collections de spécimens


Espèces semblables : Le S. hesperis risque d'être confondu surtout avec le Speyeria aphrodite et le Speyeria atlantis. Le Speyeria atlantis préfère les boisés conifériens humides et les lisières de tourbière, tandis que le S. hesperis fréquente les milieux plus secs comme les prairies ouvertes et les forêts sèches de tremble et d'épinette. Dans les Prairies, le S. hesperis lais ressemble beaucoup au S. aphrodite, mais il est plus petit, la tache noire à la base de son aile antérieure est plus petite, la bande submarginale pâle en dessous de son aile postérieure est plus large, et les nervures sont couvertes d'androconies chez le mâle (comme nous l'avons déjà mentionné sous Speyeria aphrodite). Les caractères distinctifs du S. atlantis et du S. hesperis sont énumérés aux sections Description et Sous-espèces. [images comparatives]

Stades immatures : Les stades immatures ne sont pas connus.

Période de vol : Cette espèce vole généralement de la mi-juin à la mi-août, mais elle atteint son abondance maximale en juillet.

Comportement et habitat : Le S. hesperis se rencontre surtout dans les prés ouverts secs et sur les versants de collines dans les Prairies, et dans les forêts clairsemées sèches de tremble, d'épinette, des apin et de douglas, dans la tremblaie-parc et en Colombie-Britannique. Comme les autres argynnes, le S. hesperis visite fréquemment les fleurs.

Observations : Le fait que le S. hesperis lais et le S. atlantis hollandi volent ensemble dans certaines régions du Manitoba apparemment sans s'hybrider a incité Howe (1975) à réunir tous les argynnes de l'Ouest de ce groupe sous Speyeria electa (= S. hesperis), avec dennisi (= lais) comme sous-espèce associée à la prairie, le Speyeria atlantis étant confiné exclusivement à l'est du pays, avec hollandi comme sous-espèce la plus occidentale au Manitoba. Howe a fondé sa classification sur la situation lais/hollandi observée au Manitoba, en précisant toutefois que les localités de capture représentaient souvent les seules indications permettant de distinguer les spécimens de Speyeria electa du Colorado des spécimens de Speyeria atlantis des Appalaches. Miller et Brown (1981) et Ferris (1989) ont par la suite réuni les deux groupes de populations sous Speyeria atlantis en s'appuyant sur des observations selon lesquelles le Speyeria atlantis et le Speyeria hesperis s'hybrideraient dans certaines régions du Colorado. Plus récemment, Bird et al. (1995) ont traité le S. electa (sous-espèces lais et beani) et le S. atlantis (sous-espèce hollandi) comme des espèces distinctes en faisant valoir que ces deux taxons volent ensemble dans de nombreuses régions de l'Alberta sans s'hybrider. Comme il semble que cette situation se vérifie dans la majeure partie de l'Ouest canadien, nous les considérons également comme des espèces distinctes. Il est possible que des formes similaires chez les deux espèces aient conduit certains observateurs à conclure à l'existence d'une hybridation entre les deux espèces dans l'ouest des États-Unis, mais cette hypothèse demeure à démontrer.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.