Porte-queue gris (Strymon melinus) (Hübner, 1818)

Description : Ce porte-queue particulier est uniformément gris ardoise sur le dessus, avec une tache orange brillant au-dessus des queues. En dessous, les ailes sont d'un gris plus clair, avec une bande médiane rouge et noire et des taches orange vif et noires au-dessus des queues. Le Strymon melinus est notre seul porte-queue uniformément gris sur le dessus. Envergure : 23 à 29 mm.

Sous-espèces : Quatre sous-espèces se rencontrent au Canada. La sous-espèce melinus (= humuli) vole dans l'est du Canada, la sous-espèce franki, dans les Prairies, la sous-espèce setonia, dans les régions intérieures sèches de la Colombie-Britannique, et la sous-espèce atrofasciatus, dans l'île de Vancouver et les basses terres du Fraser.

Répartition géographique : Ce papillon largement répandu se rencontre depuis le nord de l'Amérique du Sud jusque dans le sud du Canada. Il est rare dans le sud de la Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Il est peu commun à rare dans le sud du Québec; une mention plus nordique y fait état de sa présence à Neuville (comté de Portneuf), près de la ville de Québec. Il est présent dans tout le sud de l'Ontario jusqu'à Matatchewan, au nord, et il a récemment été découvert dans le district de Rainy River, dans le nord-ouest de la province. On le trouve aussi dans le sud des Prairies jusqu'à Lloydminster, au nord, et dans tout le sud de la Colombie-Britannique.

Espèces semblables : Aucune au Canada.

Stades immatures : La chenille peut prendre diverses teintes de vert et est ornée de bandes diagonales blanches à violettes sur les côtés. À l'état larvaire, le porte-queue gris se nourrit sur un grand nombre de plantes représentant jusqu'à 20 familles. Dans l'est du Canada, il n'a été trouvé que sur la comptonie voyageuse (Comptonia peregrina), de la famille des Myricacées; voir la section Observations. Aux États-Unis, le porte-queue gris a déjà infligé des dommages importants à certaines cultures, en particulier le haricot, le coton et le houblon.

Abondance : Bien qu'il soit très répandu, le Strymon melinus est rare et observé seulement de façon sporadique dans la plupart des régions où il est présent au Canada. À certains endroits, il peut disparaître pendant des années pour ensuite resurgir sans avertissement. Il peut être relativement commun dans le sud de l'Ontario et l'ouest du Canada.

Période de vol : Dans la plupart des régions où il est présent au Canada, le porte-queue gris produit deux générations qui se chevauchent et vole d'avril à la fin de septembre. Au Manitoba, il n'a été observé qu'en août au stade adulte (Klassen et al., 1989).

Comportement et habitat : Ce papillon au vol rapide et erratique est souvent observé en train de se nourrir sur les fleurs. Dans l'Ouest, il se rencontre dans des habitats très diversifiés allant des clairières en milieu boisé aux terrains vacants en milieu urbain.

Observations : Au moins de la Nouvelle-Écosse jusque dans le nord-ouest de l'Ontario, presque toutes les mentions concernant le S. melinus proviennent de régions à pinèdes grises sablonneuses extrêmement sèches favorisant la croissance de la comptonie voyageuse. L'espèce a été élevée une fois avec succès sur la comptonie en Nouvelle-Écosse (Ferguson, 1954), et des adultes ont été observés alors qu'ils se posaient sur cette plante en Nouvelle-Écosse et en Ontario. Dans plusieurs régions, le porte-queue gris a été observé en grand nombre certaines années, ce qui permet d'exclure l'hypothèse d'une incursion. Dans le sud de l'Ontario, il est un migrateur saisonnier qui apparaît et se reproduit au printemps, mais les chenilles de ces populations se nourrissent sur des mauvaises herbes poussant le long des routes et dans les terrains vagues. On ignore pourquoi les populations nordiques de cette espèce se montrent si sélectives dans le choix de leur plante hôte.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.