Urbanus proteus (Linné, 1758)

Description : Cette grande hespérie (envergure : 37 à 46 mm) est principalement brun foncé, sauf le corps et la portion basale des ailes, qui sont vert-bleu iridescent. L'aile antérieure est pointue et ornée de taches blanches translucides, tandis que l'aile postérieure est pourvue d'une longue queue.

Répartition géographique : Espèce résidente de l'Argentine à l'extrême sud des États-Unis, l'Urbanus proteus migre chaque été vers le nord, parfois jusqu'au Michigan. Il a atteint le sud-ouest de l'Ontario en 1994.

Espèces semblables : Aucune au Canada.

Stades immatures : La chenille est vert jaunâtre, avec des bandes de taches foncées, une ligne foncée sur le dos et des lignes rougeâtres et vertes sur les côtés. La tête est brune, avec de grandes taches jaunes ou orange de chaque côté près des yeux. La chenille vit dans un nid de feuilles sur la plante hôte. À l'état larvaire, l'U. proteus se nourrit uniquement de fabacées, souvent d'espèces grimpantes. Cette espèce inflige parfois des dommages importants aux cultures de haricot dans le sud des États-Unis.

Abondance : Bien qu'elle soit commune à abondante dans les tropiques, cette espèce l'est moins vers le nord et devient extrêmement rare au Canada.

Période de vol : L'U. proteus connaît de nombreuses générations par année et vole toute l'année en Floride et dans le sud du Texas. Il migre vers le nord chaque été, mais il atteint le nord des États-Unis et le Canada seulement à la fin de l'été ou en automne.

Comportement et habitat : Incapable à n'importe quelle étape de son cycle vital de résister au gel, l'U. proteus migre vers le nord chaque année, mais sa progression est lente, comme si les femelles de chaque génération ne parcouraient qu'une courte distance avant de déposer leurs oeufs. L'espèce effectue une migration partielle en sens inverse en septembre et en octobre, du moins dans le nord de la Floride. Cette hespérie a un vol extrêmement rapide, sautillant, qui la rend très difficile à suivre des yeux.

Observations : Au Canada, la présence de l'U. proteus n'a été signalée qu'à deux reprises, les deux fois dans le sud-ouest de l'Ontario. Le premier individu, un mâle se nourrissant sur une fleur de centaurée maculée (Centaurea maculosa), a été observé le 7 août 1994 par Alan Wormington à la plage West, au parc national de la Pointe-Pelée. Le deuxième a été aperçu le 18 septembre 1994 par G.T. Hince à Ojibway Prairie, Windsor, dans le comté d'Essex (Wormington, 1995a).

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.