Eupatoire rugueuse (Nom commun)

Informations générales sur l'intoxication :

L'eupatoire rugueuse (Eupatorium rugosum) est une plante indigène qui pousse dans les sols riches de l'est du Canada. Elle a rendus malades et a tué des humains et plusieurs types de bétail. Au XIXe siècle, un grand nombre de personnes sont mortes de la mystérieuse "maladie du lait". La mortalité se situait entre 10 et 25 % et des villages entiers ont été désertés parce qu'on ne trouvait pas la cause de la maladie. Plus tard, on a découvert que les bovins mangeaient de l'eupatoire rugueuse et qu'une substance toxique était libérée dans leur lait, qui empoisonnait les humains. Grâce aux techniques modernes de collecte, le lait acheté dans le commerce ne devrait présenter aucun risque à cet égard. Cependant, avec le retour de l'élevage et de la production de lait à petite échelle dans certaines familles, des cas occasionnels pourraient se produire (Kingsbury 1964, Stotts 1984, Cheeke et Schull 1985, Beier et Norman 1990).

Plusieurs types de bétail herbivore se sont aussi empoisonnés en mangeant de l'eupatoire rugueuse et ont été atteints de tremblements (la maladie appelée "trembles" en anglais). Des bovins, des chèvres, des chevaux, des moutons et des porcs ont eu des symptômes d'intoxication. Les animaux non sevrés peuvent également être touchés. Ce type d'intoxication était plus fréquent autrefois, avant l'emploi généralisé des herbicides et des aliments préparés. Les empoisonnements se produisaient surtout lorsqu'on laissait le bétail paître dans les boisés. La quantité d'eupatoire rugueuse qui doit être ingérée pour provoquer la mort est variable et se situe entre 1 et 20 %. Les symptômes peuvent apparaître au bout de quelques jours ou de 3 semaines. L'ingestion de 0,5 à 1,5 % du poids corporel produit habituellement des symptômes. Même lorsque les plantes sont séchées, les animaux qui les consomment courent encore un certain risque (Doyle et Walkley 1949, Kingsbury 1964, Cheeke et Schull 1985, Beier et Norman 1990).

On doit faire preuve de prudence en présence de lait provenant de bovins ou de chèvres pouvant avoir mangé de l'eupatoire rugueuse. Dans de nombreux articles, on affirme que les animaux en lactation ne montrent pas toujours de symptômes, mais que leur lait peut produire des intoxications. Des veaux, des humains et des chats ont été empoisonnés de cette façon. Les chiens auxquels on donne à boire du lait sont également exposés. Lors d'expériences, on a démontré que ce type d'intoxication pouvait également se produire chez les lapins et les cobayes. L'eupatoire rugueuse pousse sur les sols riches et humides situés dans les bois ouverts et le long des cours d'eau. On ne doit pas laisser les animaux brouter cette plante.

Références :

  • Beier, R. C., Norman, J. O. 1990. The toxic factor in white snakeroot: identity, analysis and prevention. Vet. Hum. Toxicol., 32: 81-88.
  • Cheeke, P. R., Shull, L. R. 1985. Natural toxicants in feeds and poisonous plants. AVI Publishing Company, Inc., Westport, Conn., USA. 492 pp.
  • Couch, J. F. 1927. The toxic constituent of richweed or white snakeroot (Eupatorium urticaefolium). J. Agric. Res., 35: 547-576.
  • Doyle, L. P., Walkey, F. L. 1949. White snakeroot (Eupatorium urticaefolium) poisoning in livestock. Purdue Univ. Agric. Exp. Stn. Bull., 270. 14 pp.
  • Kingsbury, J. M. 1964. Poisonous plants of the United States and Canada. Prentice-Hall Inc., Englewood Cliffs, N.J., USA. 626 pp.
  • Olson, C. T., Keller, W. C., Gerken, D. F., Reed, S. M. 1984. Suspected tremetol poisoning in horses. J. Am. Vet. Med. Assoc., 185: 1001-1003.
  • Stotts, R. 1984. White snakeroot toxicity in dairy cattle. Vet. Med. Small Anim. Clin., 79: 118-120.

Nomenclature :

Nom scientifique :
Eupatorium rugosum Houtt.
Nom(s) commun(s) :
eupatoire rugueuse
Nom de la famille scientifique :
Compositae
Nom de famille commun :
composées

Visitez ITIS*ca pour plus d'information taxonomique : Eupatorium rugosum

Références :

  • Agriculture Quebec. 1975. Noms des maladies des plantes du Canada/Names of plant diseases in Canada, Quebec City, Que., Canada. 288 pp.
  • Alex, J. F., Cayouette, R., Mulligan, G. A. 1980. Common and botanical names of weeds in Canada/ Noms populaire et scientifiques des plantes nuisibles du Canada. Revised. Agric. Can. Publ., Ottawa, Ont., Canada. 132 pp.
  • Bailey, L. H., Bailey, E. Z. 1976. Hortus third. Revised. MacMillan, New York, N.Y., USA. 1290 pp.
  • Scoggan, H. J. 1978, 1979. The flora of Canada. Nat. Mus. Nat. Sci. (Ottawa) Publ. Bot. 7(1)-7(4). 1711 pp.
  • Van Wijk, H. L. 1911. A dictionary of plant names. Martinus Nijhoff, The Hague, The Netherlands. 1444 pp.
  • Victorin, M. 1964. Flore Laurentienne. 2nd ed. Univ. Montreal, Montreal, Que., Canada. 952 pp.

Information géographique

  • Île-du-Prince-Édouard
  • Nouveau-Brunswick
  • Nouvelle-Écosse
  • Ontario
  • Québec

Références :

  • Bailey, L. H., Bailey, E. Z. 1976. Hortus third. Revised. MacMillan, New York, N.Y., USA. 1290 pp.
  • Boivin, B. 1966, 1967. Énumération des plantes du Canada. Provencheria 6. Nat. Can. (Que.) 93: 253-274; 371-437; 583-646; 989-1063. 94: 131-157; 471-528; 625-655.

Photo ou dessin

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Parties toxiques :

  • feuilles
  • tiges

Références :

  • Doyle, L. P., Walkey, F. L. 1949. White snakeroot (Eupatorium urticaefolium) poisoning in livestock. Purdue Univ. Agric. Exp. Stn. Bull., 270. 14 pp.
  • Kaufmann, G. W. 1982. Seasonal variation of tremetol concentrations found in white snakeroot, Eupatorium rugosum Houtt (Compositae). Proc. Iowa Acad. Sci., 89: 151-152.
  • Olson, C. T., Keller, W. C., Gerken, D. F., Reed, S. M. 1984. Suspected tremetol poisoning in horses. J. Am. Vet. Med. Assoc., 185: 1001-1003.

Des notes sur Produits chimiques toxiques :

Le trémétol est un alcool aromatique secondaire avec une fraction de stérol et de cétone. L'une de ces cétones, la trémétone, a fait l'objet de tests sur des poulets, sans résultats; lors d'essais expérimentaux, elle s'est cependant avérée toxique pour les poissons rouges. En Iowa, on a constaté que la concentration de trémétol était plus élevée au cours de l'été (Kaufmann 1982).

Produits chimiques toxiques :

  • trémétol

Références :

  • Couch, J. F. 1927. The toxic constituent of richweed or white snakeroot (Eupatorium urticaefolium). J. Agric. Res., 35: 547-576.
  • Kaufmann, G. W. 1982. Seasonal variation of tremetol concentrations found in white snakeroot, Eupatorium rugosum Houtt (Compositae). Proc. Iowa Acad. Sci., 89: 151-152.

Intoxication chez les animaux et chez l'humain :

N.B. : Si le nom d'une espèce animale est inscrit sans plus de précisions, c'est parce que les documents publiés depuis 1993 ne renferment aucune explication détaillée.

Bovins

Symptômes généraux de l'intoxication :

Références :

  • Doyle, L. P., Walkey, F. L. 1949. White snakeroot (Eupatorium urticaefolium) poisoning in livestock. Purdue Univ. Agric. Exp. Stn. Bull., 270. 14 pp.
  • Stotts, R. 1984. White snakeroot toxicity in dairy cattle. Vet. Med. Small Anim. Clin., 79: 118-120.

Chèvres

Aucune information disponible sur les symptômes d'empoisonnement.

Chevaux

Symptômes généraux de l'intoxication :

Références :

  • Doyle, L. P., Walkey, F. L. 1949. White snakeroot (Eupatorium urticaefolium) poisoning in livestock. Purdue Univ. Agric. Exp. Stn. Bull., 270. 14 pp.
  • Olson, C. T., Keller, W. C., Gerken, D. F., Reed, S. M. 1984. Suspected tremetol poisoning in horses. J. Am. Vet. Med. Assoc., 185: 1001-1003.

Chiens

Aucune information disponible sur les symptômes d'empoisonnement.

Humains

Aucune information disponible sur les symptômes d'empoisonnement.

Lapins

Aucune information disponible sur les symptômes d'empoisonnement.

Moutons

Symptômes généraux de l'intoxication :

Références :

  • Couch, J. F. 1927. The toxic constituent of richweed or white snakeroot (Eupatorium urticaefolium). J. Agric. Res., 35: 547-576.
  • Kingsbury, J. M. 1964. Poisonous plants of the United States and Canada. Prentice-Hall Inc., Englewood Cliffs, N.J., USA. 626 pp.

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