Mélilot blanc (Nom commun)

Informations générales sur l'intoxication :

Le mélilot blanc (Melilotus alba) est une plante cultivée et acclimatée qui constitue une mauvaise herbe dans la plupart des régions du Canada. Elle contient un glycoside qui comporte une fraction de coumarine. Lorsque le mélilot est récolté comme plante fourragère, les tiges succulentes moisissent généralement avant de sécher. Les moisissures métabolisent le glycoside et le transforment en dicoumarol, une substance qui empêche la vitamine K d'activer la prothrombine nécessaire à la coagulation du sang. On pense que les teneurs en dicoumarol supérieures à 10 ppm pourraient provoquer des intoxications. La concentration de dicoumarol est habituellement plus élevée dans les petites balles rondes que dans les meules. Des bovins, des chevaux et des moutons ont été empoisonnés. Cependant les bovins sont presque les seuls à avoir été intoxiqués par le mélilot (Blakely 1985, Cheeke et Schull 1985).

Références :

  • Alstad, A. D., Casper, H. H., Johnson, L. J. 1985. Vitamin K treatment of sweet clover poisoning in calves. J. Am. Vet. Med. Assoc., 187: 729-731.
  • Blakley, B. R. 1985. Moldy sweet clover (dicoumarol) poisoning in Saskatchewan cattle. Can. Vet. J., 26: 357-360.
  • McDonald, G. K. 1980. Moldy sweetclover poisoning in a horse. Can. Vet. J., 21: 250-251.
  • Radostits, O. M., Searcy, G. P., Mitchall, K. G. 1980. Moldy sweetclover poisoning in cattle. Can. Vet. J., 21: 155-158.
  • Turkington, R. A., Cavers, P. B., Rempel, E. 1978. The biology of Canadian weeds. 29. Melilotus alba Desr. and M. officinalis (L.) Lam. Can. J. Plant Sci., 58: 523-537.

Nomenclature :

Nom scientifique :
Melilotus alba Desr.
Nom(s) commun(s) :
mélilot blanc
Nom de la famille scientifique :
Leguminosae
Nom de famille commun :
pois

Visitez ITIS*ca pour plus d'information taxonomique : Melilotus alba

Références :

  • Agriculture Quebec. 1975. Noms des maladies des plantes du Canada/Names of plant diseases in Canada, Quebec City, Que., Canada. 288 pp.
  • Alex, J. F., Cayouette, R., Mulligan, G. A. 1980. Common and botanical names of weeds in Canada/ Noms populaire et scientifiques des plantes nuisibles du Canada. Revised. Agric. Can. Publ., Ottawa, Ont., Canada. 132 pp.
  • Bailey, L. H., Bailey, E. Z. 1976. Hortus third. Revised. MacMillan, New York, N.Y., USA. 1290 pp.
  • Scoggan, H. J. 1978, 1979. The flora of Canada. Nat. Mus. Nat. Sci. (Ottawa) Publ. Bot. 7(1)-7(4). 1711 pp.
  • Van Wijk, H. L. 1911. A dictionary of plant names. Martinus Nijhoff, The Hague, The Netherlands. 1444 pp.
  • Victorin, M. 1964. Flore Laurentienne. 2nd ed. Univ. Montreal, Montreal, Que., Canada. 952 pp.

Information géographique

  • Alberta
  • Colombie-Britannique
  • Île-du-Prince-Édouard
  • Labrador
  • Manitoba
  • Nouveau-Brunswick
  • Nouvelle-Écosse
  • Ontario
  • Québec
  • Saskatchewan
  • Territoire du Yukon
  • Territoires du Nord-Ouest

Références :

  • Bailey, L. H., Bailey, E. Z. 1976. Hortus third. Revised. MacMillan, New York, N.Y., USA. 1290 pp.
  • Boivin, B. 1966, 1967. Énumération des plantes du Canada. Provencheria 6. Nat. Can. (Que.) 93: 253-274; 371-437; 583-646; 989-1063. 94: 131-157; 471-528; 625-655.

Photo ou dessin

Images : Mélilot blanc - Recherche Google

Des notes sur Parties des plantes toxiques :

Le mélilot moisit si le séchage est insuffisant au moment de la confection des balles ou lors de l'ensilage. La présence de dicoumarol produit par les moisissures est peu probable dans les cas où les animaux consomment des plantes vivantes.

Parties toxiques :

  • feuilles
  • tiges

Références :

  • Cheeke, P. R., Shull, L. R. 1985. Natural toxicants in feeds and poisonous plants. AVI Publishing Company, Inc., Westport, Conn., USA. 492 pp.

Des notes sur Produits chimiques toxiques :

Le mélilotoside, un glycoside, contient un éther et de la coumarine. La coumarine est métabolisée par certaines moisissures (p. ex. Penicillium spp.) qui la transforment en dicoumarol. Le dicoumarol inhibe l'action de la vitamine K, ce qui provoque des hémorragies. Le mélilot a une tige succulente, de sorte qu'il apparaît souvent des moisissures après la coupe. On a établi que les balles rondes avaient une teneur en dicoumarol significativement plus élevée (moyenne de 22,9 +/- 3,10 mg/kg) que les meules d'ensilage (moyenne de 1,8 +/- 6,3 et 0,6 +/- 2,1 mg/kg). La concentration de dicoumarol était plus élevée dans la partie extérieure des balles rondes (Benson et al. 1981, Cheeke et Schull 1985).

Produits chimiques toxiques :

  • dicoumarol
  • mélilotoside

Références :

  • Benson, M. E., Casper, H. H., Johnson, L. J. 1981. Occurrence and range of dicumarol concentrations in sweet clover. Am. J. Vet. Res., 42: 2014-2015.
  • Cheeke, P. R., Shull, L. R. 1985. Natural toxicants in feeds and poisonous plants. AVI Publishing Company, Inc., Westport, Conn., USA. 492 pp.

Intoxication chez les animaux et chez l'humain :

N.B. : Si le nom d'une espèce animale est inscrit sans plus de précisions, c'est parce que les documents publiés depuis 1993 ne renferment aucune explication détaillée.

Bovins

Symptômes généraux de l'intoxication :

Informations sur l'intoxication :

Les symptômes d'empoisonnement par le mélilot moisi peuvent apparaître sans cause évidente. Un traumatisme ou une intervention chirurgicale sont souvent suivis d'hémorragie grave et de la mort. L'hémorragie peut aussi suivre une mise bas sans complication. Les veaux nouveau-nés peuvent mourir pendant les premiers jours si leur mère a consommé des aliments toxiques. En Saskatchewan, 286 animaux appartenant à 56 troupeaux ont été touchés en 1983. Le taux de mortalité était de 12,1 %. Le plus souvent, il s'agissait d'avortements et de veaux âgés de moins de 2 semaines. L'empoisonnement se produisait généralement entre janvier et avril. Le mélilot en balles causait plus de problèmes que celui qui était ensilé (Radostits et al. 1980, Blakely 1985). En cas d'empoisonnement par du mélilot contenant au moins 90 ppm de dicoumarol, le traitement à l'aide de vitamine K1 s'est avéré efficace à des doses de 1,1 à 3,3 mg/kg de poids corporel. Le traitement à la vitamine K3 est resté sans effets (Alstad et al. 1985).

Références :

  • Alstad, A. D., Casper, H. H., Johnson, L. J. 1985. Vitamin K treatment of sweet clover poisoning in calves. J. Am. Vet. Med. Assoc., 187: 729-731.
  • Blakley, B. R. 1985. Moldy sweet clover (dicoumarol) poisoning in Saskatchewan cattle. Can. Vet. J., 26: 357-360.
  • Radostits, O. M., Searcy, G. P., Mitchall, K. G. 1980. Moldy sweetclover poisoning in cattle. Can. Vet. J., 21: 155-158.

Chevaux

Symptômes généraux de l'intoxication :

Informations sur l'intoxication :

Dans un cas survenu en Saskatchewan, un percheron est devenu anémique et a eu une hémorragie de la narine gauche à raison de 60 gouttes par minute. Les muqueuses étaient décolorées et un oedème sous-cutané s'étendait de l'espace intermandibulaire à la région pectorale. L'animal a été traité par une injection de 4,2 g de bisulphate de sodium et de ménadione et avec 4 L de sang entier conservé dans une solution d'acide-citrate-glucose, et il s'est totalement rétabli. La jument en question avait été nourrie avec du mélilot altéré par le mauvais temps avec accès libre à un pâturage (McDonald 1980).

Références :

  • McDonald, G. K. 1980. Moldy sweetclover poisoning in a horse. Can. Vet. J., 21: 250-251.

Une autre recherche?